Gabon : « AMO », de retour au pays après plusieurs mois d’exil

Après 14 mois passés à l’étranger pour raisons médicales, André Mba Obame (« AMO »), est prêt à reprendre le combat politique. Les autorités gabonaises le mettent en garde.

A peine rentré, il repart au front. De retour sur le sol gabonais, André Mba Obame, dit « AMO », le principal opposant au président Ali Bongo, a d’ores et déjà annoncé la tenue d’un meeting à Libreville ce mercredi, d’après le site gabonreview.com.

L’opposant et ses partisans demandent, selon l’AFP, la tenue d’une conférence nationale, la mise en place d’une nouvelle constitution et l’organisation d’élections générales (présidentielle, législatives, locales et sénatoriales). Samedi, « AMO » a par ailleurs affirmé que la Cour Pénale Internationale (CPI) devrait enquêter sur ce qu’il qualifie de « massacre » à propos des violences à Port-Gentil, dans l’Ouest du pays, qui avaient suivi l’élection présidentielle de 2009 (selon un bilan officiel, les émeutes avaient fait 3 morts, un chiffre contesté par l’opposition).

Auto-proclamé « président de la République »

André Mba Obame est revenu après 14 mois passés à l’étranger pour raisons médicales. Ancien membre du régime de Bongo père, passé dans l’opposition en 2009, le candidat malheureux à la dernière présidentielle avait contesté la victoire d’Ali Bongo. En signe de protestation, il s’était même autoproclamé « président de la République », en 2011. Ce qui lui avait valu la dissolution de son parti, l’Union Nationale (UN). Poursuivi, lui et ses partisans, par le pouvoir, il avait dû se réfugier plusieurs semaines au siège du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) de Libreville, avant de retrouver la liberté.

Pour le pouvoir en place, le retour d' »AMO » est un « non-évènement ». Ce qui n’a toutefois pas empêché les autorités, comme l’a signalé RFI, de rappeler que l’opposant gabonais est toujours poursuivi par la justice. Celui-ci est accusé d’avoir porté un « trouble à l’ordre public » suite à son auto-nomination au siège de la présidence de la République, en décembre dernier.

Le pouvoir met par ailleurs en garde André Mba Obame contre toute volonté d’organiser des manifestations. Selon un porte-parole de la présidence, en effet, l’UN n’existe plus et ne peut, à ce titre, organiser ce type d’évènement.

L’opposant a néanmoins pu regagner son domicile sans être inquiété. D’après l’Agence France Presse, 2 à 3000 personnes étaient venues l’accueillir, samedi.

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