G8 : chose promise à l’Aquila, chose omise à Paris ?

Les chefs d’Etat du G8 réunis à l’Aquila (Italie) ont adopté une déclaration sur les enjeux du développement, de l’Afrique et du changement climatique. Les ONG présentes sur place, dont Coordination SUD, constatent que promesses et déclarations d’intention ne riment pas avec action.

Les chefs d’Etat du G8 ont réaffirmé à l’Aquila leur volonté de tenir les promesses d’augmentation de l’aide faites en 2005 à Gleneagles. De son côté, Nicolas Sarkozy a rappelé à la presse que « La France tiendra ses engagements malgré la crise », affirmant que l’Etat français est aujourd’hui « le deuxième contributeur du G8 » en matière d’aide au développement.

Les déclarations laissent les ONG françaises perplexes. En effet, le gouvernement français prévoit une diminution de l’aide publique en 2010 ; ce qui empêcherait la France de tenir son engagement européen de consacrer 0,51% de son revenu national brut à l’aide publique au développement.Jean-Louis Vielajus, président de Coordination SUD affirme que « la France perdrait toute crédibilité sur la scène internationale si les baisses prévues pour 2010 étaient confirmées. Nous ne pouvons nous permettre d’envoyer un signal aussi négatif aux pays pauvres juste avant de recevoir le sommet du G8 en 2011. Les promesses de l’Aquila ne pourront être oubliées dans le débat français sur le projet de loi de finances pour 2010.»

Les chefs d’Etat du G8 était également attendus sur le changement climatique à quelques mois de la Conférence des Nations Unies à Copenhague. Alors que Coordination SUD demande l’annonce rapide du montant des contributions des pays riches au financement de la lutte contre le changement climatique dans les pays pauvres, la déclaration finale du G8 ne comprend aucun engagement chiffré sur ce sujet. En prenant des mesures ambitieuses, les pays du G8 auraient pu lancer une dynamique fructueuse en amont de la conférence de Copenhague.

Selon Sébastien Fourmy, responsable du plaidoyer d’Oxfam-France « les pays du G8 maintiennent les négociations climatiques internationales dans une impasse. L’absence d’engagement chiffré sur le financement de l’adaptation climatique dans les pays pauvres, entre autres, compromet un peu plus les chances d’obtenir un accord sur le climat ambitieux, en décembre prochain, à Copenhague. Les populations les plus pauvres payent déjà de leur vie l’inaction des principaux pays pollueurs. »

Une session de travail sur la sécurité alimentaire est organisée demain entre les chefs d’Etat du G8, de pays émergents et de pays africains. « Les pays riches ont donc vingt-quatre heures pour se rattraper en précisant le soutien qu’ils souhaitent apporter aux politiques agricoles dans les pays pauvres » déclare Jean-Louis Vielajus.