France : silence médiatique après l’agression islamophobe à Saint-Mandé

L’Observatoire contre l’islamophobie s’étonne du silence de la classe politique et des grands médias suite à l’agression contre deux mineurs de confession musulmane par un groupe de jeunes juifs à Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne.

Suite à la violente agression de deux adolescents de confession musulmane, la semaine dernière, à Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne, l’Observatoire contre l’islamophobie s’étonne « du silence de la classe politique et des grands médias ». Alors que les deux jeunes victimes livraient du pain à des habitants, elles ont été rouées de coups par une trentaine de jeunes de confession juive, le 7 septembre, qui scandaient : « Israël, Israël ! ». Selon Le Parisien, les deux victimes ont été insultées de « sales arabes ». Résultat de l’agression : 8 et 12 jours d’interruption totale de travail. Une troisième victime a également déposé plainte.

Une banale agression ?

Sollicité par l’AFP, une source judiciaire anonyme avait prétendu, peu après l’agression, et ce en dépit des dépositions des victimes, « ne pas avoir d’éléments laissant supposer que les violences sont aggravées par un mobile religieux ou raciste ». Pourtant, dès le lendemain de cette « curieuse affirmation », comme l’écrit le site Panamza.com, a été, dès le lendemain, contredite par le parquet de Créteil selon lequel « des propos racistes ont probablement été tenus ».

« L’indignation à géométrie variable a pour effet de créer un réel sentiment de déni de justice auprès des jeunes de confession musulmane », estime, dans un communiqué, Abdallah Zekri, qui préside cet organe du Conseil français du culte musulman (CFCM). Ce dernier a mis en garde la classe politique contre le risque de voir cette « frustration exploitée par des mouvements salafistes et intégristes ». Il appelle à une « égalité de traitement entre tous les jeunes ».

L’emprunte de la LDJ ?

Selon la mère d’une des victimes, la signature de cette agression ressemble de très près à celle de la Ligue de défense juive (LDJ), une organisation dangereuse classée terroriste aux Etats-Unis mais autorisée en France. Ci-dessous, les images d’une vidéo capturée le 20 juillet à Sarcelles qui illustrent des regroupements d’extrémistes juifs.

Le site d’information Panamza.com pose une hypothèse : « Imaginons la situation inverse : deux jeunes juifs venus livrer du pain et tabassés par une trentaine de musulmans en train de hurler « Palestine, Palestine ! ». Nul doute que les grands médias audiovisuels, de concert avec Manuel Valls et le Crif, auraient traité l’information en réalisant des reportages et des enquêtes de terrain pour exposer « l’antisémitisme-croissant-des-banlieues ». » En effet, quatre jours après l’agression, toujours aucun reportage télévisé n’avait été réalisé à ce sujet.

Pour l’heure, deux mineurs du groupe d’agresseurs juifs ont été mis en examen après pour « coups et blessures volontaires » avec la dimension raciste comme circonstance aggravante. Une troisième personne, majeure, est convoquée le 4 novembre devant le tribunal de grande instance de Créteil pour sa « participation à un attroupement en vue de commettre des violences ». L’Observatoire contre l’islamophobie et SOS racisme se constitueront partie civile dans le dossier.