France : la loi d’autonomie des universités divise les étudiants étrangers

En France, la loi sur les universités du ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, n’a pas fini de faire parler d’elle. Adoptée le 1er Août 2007, elle est vivement contestée par une partie des étudiants, qui sont appelés à manifester jeudi 22 novembre. A l’heure des revendications, qu’en est-il de la position des universitaires africains? Entre accords et désaccords, Afrik.com fait le point.

Adoptée le 1er Août 2007, la loi d’autonomie des universités françaises proposée par la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse suscite la colère des étudiants.
La coordination nationale des universitaires a appelé, le jeudi 22 novembre, les lycéens et les étudiants à descendre dans la rue. La plupart d’entre eux reproche à la loi Pécresse d’imposer l’autonomie budgétaire des universités qui entraînera la disparition des filières non rentables et instituera une privatisation de la faculté. L’augmentation des droits d’inscriptions, la diminution du pouvoir des étudiants sont autant de raisons pour eux de manifester.

A l’heure des contestations, qu’en est-il des étudiants étrangers ? Comment perçoivent-ils la grève ? Selon la présidente des étudiants africains de la Sorbonne (ADEAS), Katy Dieng, la grève contre la loi sur l’autonomie des universités est perçue, par certains, comme handicapante. « L’impossibilité d’aller en cours, la pression familiale augmentent le nombre de mécontents ». A cela s’ajoutent, les rendez-vous manqués à la préfecture. « A cause des grèves, certains étudiants n’ont pas pu renouveler leurs cartes de séjour ou faire leurs inscriptions », s’insurge la sénégalaise, étudiante en lettres et en histoire à Paris IV.

La présidente de l’ADEAS évoque le fait que dans certains pays d’Afrique, beaucoup d’universités manquent cruellement de moyens. « Les parents des étudiants africains envoient leurs enfants en France pour qu’ils bénéficient d’une meilleure structure universitaire. Mon père et ma mère m’ont envoyé ici pour que j’étudie, si je faisais grève ils ne comprendraient pas », affirme-t-elle.

La loi Pécresse : pour ou contre ?

Concernant la loi sur l’autonomie des universités, Katy Dieng rappelle que pour les étudiants étrangers, le problème se pose différemment. « Au moment de la loi sur le contrat première embauche (CPE), les étudiants étrangers étaient directement touchés, ce n’est pas le cas pour la loi Pécressse » précise Mlle. Dieng. « Ce contrat pouvait nous plonger dans une grande précarité, le risque de nous faire licencier à chaque instant rendait incertain notre présence en France. Il faut savoir, à ce sujet, qu’un étudiant étranger doit avoir 450 à 500 euros sur son compte bancaire, sinon il s’expose au non renouvellement de sa carte de séjour », explique Katy Dieng.

Concernant l’augmentation des droits d’inscriptions qui pourrait avoir des répercussions sur les étrangers, la présidente reste confiante, « je n’y crois pas vraiment, ça me laisse très perplexe ». Avis qui n’est pas partagé par Said Mohdeb, vice-président de l’association des étudiants algériens de France(UEAF). Pour cet étudiant en philosophie et en science politique, la loi a des répercussions négatives sur les étrangers. « L’augmentation des droits d’inscriptions va poser des difficultés, on parle en moyenne de 3000 à 4000 euros à verser aux universités, à ce prix-là, il sera difficile d’avoir un visa étudiant », s’indigne M. Mohbed.
Autre problème évoqué par les réfractaires à cette loi : l’autonomie du budget. Pour le vice-président de l’UEAF, « si l’Etat ne donne plus d’argent aux universités, les filiaires non rentables comme la philosophie, l’histoire risquent de disparaître ».

Les avis restent donc partargés à la veille de la grande journée de rassemblement des étudiants et des lycéens.