France : croisade contre le Quick Halal

Haro sur le Quick Halal. Le maire socialiste de Roubaix, René Vandierendonck, a porté plainte jeudi contre la chaine de restauration belge, qui teste actuellement des enseignes 100% halal, pour « discrimination». Des candidats UMP et FN aux régionales de mars prochain ont également fustigé l’initiative de Quick. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) s’inquiète de son côté de l’«unanimité» qui se créé autour de sujets stigmatisant l’islam à l’approche de chaque échéance électorale en France.

La polémique ne faiblit pas autour des menus Halal de Quick. Le maire PS de Roubaix, René Vandierendonck, a porté plainte jeudi auprès du procureur de Lille contre l’enseigne belge. Quick est coupable à ses yeux de « discrimination » alimentaire. Depuis novembre 2009, la chaine de restauration expérimente le 100% Halal dans son enseigne de Roubaix, ainsi que 7 autres des 350 établissements de la marque de restauration rapide se trouvant en France.

« Je ne suis pas opposé à ce qu’une entreprise adapte son offre à la clientèle, notamment à Roubaix, mais ça devient discriminatoire si l’exclusivité de son offre se porte sur un seul produit», a déclaré le maire de Roubaix. René Vandierendonck ne compte s‘arrêter là. Selon La Voix du Nord, l’élu socialiste a aussi saisi la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations) sur le sujet, et envisage un arrêté municipal contre l’enseigne.

De la gauche à l’extrême droite, une union sacrée semble s’être formée contre les menus Halal de Quick, à l’approche des élections régionales prévues en mars. C’est la candidate FN au Nord-Pas-De-Calais, Marine Le Pen, qui a jeté la première la pierre dimanche sur Canal+. « Tous ceux qui viendront acheter dans ce Quick paieront en réalité une taxe aux organismes islamiques de certification, a-t-elle fustigé. Que chacun soit à sa place. Il faut que les musulmans expriment leur désir de vivre leur foi personnelle dans la sphère privée sans empiéter dans la sphère publique.»

Le parti de la majorité s’est lui aussi invité dans la polémique. « C’est précisément parce qu’il (le Quick) ne laisse pas de choix aux clients non musulmans que cette attitude est inadmissible. Il n’y aura plus de bacon, ce sera dinde pour tout le monde», s’est ému dans un communiqué le député UMP Richard Mallié, déclarant se solidariser « totalement » avec le maire de Roubaix dans ce qu’il estime être un « combat républicain ».

Le député européen Daniel Cohn-Bendit est l’une des rares personnalités politiques à ne pas cautionner cette campagne contre l’initiative de Quick. « Il y a des restaurants à Paris qui ne servent que de la viande casher. Est-ce que c’est grave, est-ce que ça vous dérange que, dans le Marais (quartier juif à Paris), il n’y ait que de la viande casher ? », a-t-il demandé sur LCI. « Et alors ? a encore lancé le leader d’Europe Ecologie, si vous voulez manger d’autres viandes, allez autre part !»

«Stigmatisation récurrente de l’islam »

Chems-Eddine Hafiz, vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), s’est lui inquiété d’une « stigmatisation récurrente de l’islam ». « Face à des échéances électorales, on s’aperçoit rapidement que dès que la question de l’islam se pose, il y a une certaine unanimité qui se fait qui est quelque part préoccupante », a-t-il estimé jeudi.

Face à la pression, Quick entend ne rien céder sur le marché, il est vrai très lucratif, du fast-food Halal. Son avocat, Jean Reinhart, s’est dit « serein », estimant que l’article 225-1 du code pénal sur la discrimination, invoqué dans la plainte de la mairie de Roubaix, « n’est pas applicable dans la vente par un restaurant de viande halal ». Pour la direction de cette chaîne, « suivre les évolutions du marché, chercher à y répondre et faire des tests font partie du mode normal de fonctionnement ». Pas de quoi polémiquer, donc.