France – Afrique : entre promesses et consensus

Un soutien  » unanime  » de l’Afrique à la France sur la question irakienne. Des promesses économiques aux chefs d’Etat du continent. Et un statu quo dans le règlement des conflits en cours. Le sommet France – Afrique 2003 est un grand cru pour le pays hôte. Le temps dira s’il se traduit par des faits pour ses invités.

La France sort renforcée du 22ème sommet France – Afrique. Les 52 chefs d’Etats et représentants africains présents ont adopté à l’unanimité une  » Déclaration sur l’Irak  » selon laquelle  » l’usage de la force [contre ce pays], qui comporte des risques graves de déstabilisation (…) ne saurait constituer qu’un ultime recours « . Un alignement net sur la position française. Pour leur part, les chefs d’Etat africains sont repartis avec de nombreuses promesses en matière économique mais peu d’avancées dans le règlement des conflits – Côte d’Ivoire, Centrafrique, RDC, Libéria – en cours.

 » Déclaration sur l’Irak « 

Le président français fait un peu plus enrager son homologue américain après l’adoption de sa  » Déclaration sur l’Irak « . L’un comme l’autre convoitent ardemment les voix des trois membres non-permanents du Conseil de sécurité des Nations unies – Cameroun, Guinée et Angola. Les doutes les plus sérieux, quant au respect de la déclaration, concernent l’Angola, dont les relations avec la France ne sont pas au mieux depuis l’affaire de l’Angolagate.

En contrepartie de cet alignement sur la position française, le président Jacques Chirac, qui se présente comme le porte-parole de l’Afrique auprès des instances internationales, a fait d’importantes promesses en matière économique. En plus d’un moratoire sur les aides à l’exportation, la France a proposé des mesures de soutien au cours des matières premières, qui comptent pour les trois quarts des exportations du continent. D’une manière générale, le président français propose « un traitement commercial privilégié, au moins temporairement », pour l’Afrique.

 » Partenariat  » avec l’Afrique

Le chef de l’Etat français a annoncé  » la fin du système d’assistance pour entrer dans le système du partenariat « . Un partenariat économique, mais également politique,  » d’égal à égal « , non plus avec chacun des Etats du continent, mais avec  » toute l’Afrique « , par le biais de ses organisations sous-régionales. Pourtant, dans cette optique, aucun consensus ne s’est dégagé sur les conflits africains en cours, notamment ivoirien et centrafricain.

Les rebelles du Mouvement patriotique pour la Côte d’Ivoire (MPCI), après leur rencontre avec le Premier ministre ivoirien Seydou Diarra, ont menacé de reprendre les armes si les accords de Marcoussis n’étaient pas appliqués à la lettre. Quant à la Centrafrique, la situation ne cesse de s’y détériorer depuis une semaine. Sans que les principaux protagonistes du conflit, le Président centrafricain Ange Félix Patassé et son homologue tchadien Idriss Déby, tous deux présents à Paris, ne puissent s’entendre.

Robert Mugabé, dont la venue à Paris a fait l’objet d’une grande polémique, a pu fêter son 79ème anniversaire dans la ville lumière sans être ennuyé. Le parquet a classé sans suite la plainte pour torture déposée à son encontre par deux citoyens Zimbabwéens.