Eyadéma poignardé ?

Selon des éléments communiqués à Afrik.com le 20 décembre 2003 par des proches du Chef de l’Etat togolais, joints dans un hôpital parisien, le président Gnassingbé Eyadéma était alors soigné des suites (sans gravité) d’un coup de couteau que lui aurait donné un des membres de sa famille.

Présent du 18 au 19 décembre à Accra pour le sommet de la CEDEAO, organisé dans la capitale ghanéenne, le président togolais aurait donc été victime de cette tentative d’homicide peu après son retour à Lomé.

Au pouvoir depuis 1967, Gnassingbé Eyadéma est le plus vieux dirigeant africain en exercice. Contrairement aux engagements qu’il avait pris en juillet 1999 dans le cadre des Accords de Lomé, engagements réitérés en juillet 2001, devant le président français Jacques Chirac, le général Eyadéma s’est représenté et a été réélu à la tête de son pays le 4 juin 2003 pour un nouveau mandat. Cette réélection à plus de 60% des suffrages au premier tour avait soulevé un tollé dans une opposition trop divisée pour offrir un front uni face à sa candidature.

Le transfert médical très rapide du président togolais vers Paris, serait intervenu, selon nos informations, vendredi 19 décembre 2003 en début de soirée, et aurait répondu à la nécessité de lui faire subir une batterie d’examens complémentaires, ses jours n’étant pas en danger.

Le silence qui entoura ce déplacement aurait été explicable par la volonté du président Eyadéma de ne pas laisser prise aux rumeurs. Impossible d’obtenir la moindre information sur les circonstances de l’attentat, qu’aucune source officielle n’a confirmé. Pour autant, l’arrestation le 19 décembre au soir à Lomé d’un des gardes du corps présidentiels paraissait confirmer que quelque chose s’était effectivement produit à cette date, sans qu’il soit possible d’établir la nature exacte des événements.

On ignorera toujours si cette information, dont nous pouvions considérer la source comme sûre, était une manipulation, ou si elle demeurera un secret d’Etat bien gardé. On ne saura jamais non plus de manière certaine si Afrik.com était victime d’un montage ou simplement d’une méprise. A qui profitait cette rumeur de crime? Chacun semble avoir, sur ce point aussi, son idée. L’enquête continue.