Eyadéma aimerait rempiler

Le président togolais, Gnassingbé Eyadéma, annonce la tenue des élections législatives et laisse le soin à son Premier ministre le soin de préparer les présidentielles. Où il serait éventuellement candidat à sa propre succession.

Le gouvernement togolais encourage les motions et les manifestations de soutien au président Gnassingé Eyadéma. Le Premier ministre Agbéyomé Kodjo a laissé entendre qu’une révision constitutionnelle est plus probable. Message : devant  » les manifestations populaires spontanées », il est difficile de ne pas changer la constitution afin de permettre à l’actuel président de se représenter.  » Ceci n’est que conforme au souhait exprimé par les différentes couches socioprofessionnelles de la Nation qui préfèrent s’en remettre à la sagesse et à l’expérience du président Eyadéma, au lieu de choisir les chemins de l’aventure « , annonce un communiqué présidentiel. Ainsi, c’est pour ne pas décevoir les attentes du peuple que le président de l’Assemblée a soumis le projet de modification constitutionnelle au Premier ministre.

Pression populaire

Pourtant, en juillet dernier, le général Gnassingbé Eyadéma confiait à l’Afp son désir de se retirer des affaires.  » En 2003, je vais me reposer. Nous sommes légalistes. L’article 59 de la Constitution dit que le président est élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Et nous l’appliquerons. Je respecte la Constitution. Je ne fais que respecter la Constitution, dont je suis le garant « .

Devant le tollé général de l’opposition qui appelle à un arbitrage international, le régime de Lomé a consenti à ne pas annuler les élections législatives anticipées. Le président Eyadéma a pris un engament ferme, vendredi dernier, pour la tenue de ces élections mais n’a pas fixé de dates. La veille, le Premier ministre Agbéyomé Kodjo avait annoncé que les élections législatives des 14 et 28 octobre prochains ne pourraient pas avoir lieu à ces dates et probablement pas cette année.

A bientôt 66 ans, le doyen actuel des chefs d’Etat africains a régné sans partage depuis 34 ans au Togo. Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 1967, il a été réélu en 1979, 1986, 1993 et 1998 mais il a été contraint, après des émeutes en mars 1991, d’ouvrir le dialogue avec l’opposition et d’accepter le multipartisme.