Eunice Barber fait appel : l’athlète se dit victime de «racisme»

Condamnée mardi par le Tribunal de Bobigny à 5000 euros d’amende pour « outrage, rébellion et refus d’obtempérer », l’ex-championne du monde du saut en longueur et d’heptathlon, va faire appel de la décision de justice. Elle avait mordu deux policiers en 2006 après une interpellation musclée. Elle estime être la seule victime de l’affaire.

Cinq mille euros d’amende. Tel est le verdict rendu mardi par le tribunal correctionnel de Bobigny à l’encontre de l’ex-championne du monde de saut en longueur et d‘heptathlon, Eunice Barber. Accusée d’ « outrage, de rébellion et de refus d’obtempérer », l’athlète de 34 ans, d’origine sierra-léonaise et naturalisée française, refuse cette décision de justice. Son avocat, Me Emmanuel Daoud a motivé la décision de sa cliente : « elle estime qu’elle n’est pas coupable mais n’est qu’une victime dans cette affaire ». Elle accuse les policiers de «racisme» et fera appel de cette décision de justice.

« Ça se passe comme ça dans le 93 pour les Blacks »

Petit rappel des faits. Le 18 mars 2006, alors qu’Eunice Barber circulait en voiture aux abords du Stade de France, à Saint-Denis, elle avait été interpellée par des policiers. Motif : elle était engagée, « par erreur » selon elle, dans une voie exceptionnellement interdite à la circulation. Le contrôle de la route avait alors pris une tournure critique. Selon l’athlète, les policiers qui ne l’avaient pas reconnue l’auraient giflée devant sa mère et son neveu présents avec elle dans la voiture. « C’est comme ça que ça se passe dans le 93 pour les blacks », aurait même dit l’un d’entre eux. Elle les aurait alors insultés avant de mordre deux policiers pour protéger «son outil de travail», à savoir son corps.
La version des policiers est, bien sûr, différente. Ceux-ci affirment qu’Eunice Barber aurait sciemment désobéi à leurs injonctions avant de commettre des actes de violence. L’athlète qui a saisi l’IGS, après avoir porté plainte pour violences volontaires aggravées, a été déboutée. Sa plainte a débouché sur un non lieu.

« Madame Barber, c’est 72kilos de muscles »

Eunice Barber échappe donc aux deux mois de prison avec sursis demandés le 26 novembre dernier par le Procureur de la République de Bobigny mais, si elle perd en appel, elle devra s’acquitter des 5000 euros d’amende. Elle devra également dédommager les six policiers parties civiles, pour le préjudice moral, évalué entre 350 et 1 050 euros. «Sept fonctionnaires de police pour interpeller une femme, c’est effectivement exceptionnel », avait déclaré lors de la première audience Me Géraldine Lesieur, avocate de cinq des six policiers mis en cause, « mais madame Barber, c’est 72 kilos de muscles.»

La championne continue, elle, de plaider son innocence : «J’ai été humainement humiliée. J’y pense tous les jours. Psychologiquement, cette histoire a bousillé ma vie».

Voir:

 La video amateur de l’arrestation d’Eunice Barber