Espoirs pour le Soudan

John Garang, chef des rebelles sudistes, se rend pour la première fois à des pourparlers de paix avec le gouvernement de Khartoum. De son côté, le mouvement rebelle de l’ouest devrait mettre fin à sa guérilla. Deux points positifs avant les négociations de paix qui doivent reprendre le 10 septembre au Kenya.

Une guerre civile de 20 ans. Et peut-être un dénouement proche. Le Soudan, malgré des tensions encore vives sur le terrain, pourrait s’acheminer vers la paix dans les prochains jours. Premier indice : John Garang, le leader de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), est attendu au Kenya pour participer aux pourparlers de paix. Une première pour ce chef charismatique qui ne s’est jamais déplacé en personne pour négocier avec le gouvernement de Khartoum. « C’est la première fois que John Garang prendra la tête de la délégation du SPLA aux pourparlers », a affirmé son porte-parole Yasser Armane, sur la télévision qatarie Al-Jazeera.

Les parties doivent se rencontrer le 10 septembre prochain pour un énième round de négociations, après l’approbation d’un accord préliminaire le mois dernier. Cet accord, qui n’a été que partiellement accepté par Khartoum, doit garantir au Sud, chrétien et animiste, 6 ans d’auto-détermination. Six années au terme desquelles un référendum devrait décider de l’autonomie de la région ou du maintien de son unité avec le Nord, arabe et musulman. Le gouvernement et les rebelles n’ont toujours pas réussi à se mettre d’accord sur la répartition des ressources, notamment celles découlant des champs de pétrole qui se trouvent en territoire rebelle… Pas d’accord non plus sur l’établissement d’une administration séparée pour le Sud. De plus, John Garang réclame une représentation du Sud au gouvernement et demande une alternance présidentielle tous les trois ans entre des hommes issus des deux zones. Enfin, il refuse le renforcement de la charia (loi islamique) au Sud.

Fin de la guérilla ?

Malgré tout, un deuxième point positif est venu redonner espoir aux partisans de la paix. La guérilla de l’ouest du pays, dans la région de Darfur, qui sévit depuis février dernier, serait sur le point d’être stoppée. La radio soudanaise a en effet annoncé jeudi un accord de cessez-le-feu pour 45 jours, supervisé par le Tchad, entre les forces gouvernementales et les rebelles du Mouvement de libération du Soudan (SLM). S’il est confirmé, l’accès humanitaire à la zone, qui connaît des milliers de déplacés, devrait être sécurisé dans les prochains jours.

Le SLM, créé au début de l’année, accuse le gouvernement de Khartoum de pratiquer « une politique de marginalisation, de discrimination raciale et d’exploitation ayant rompu la coexistence pacifique entre les populations africaines et arabes ». Il affirme se battre pour l’établissement d’un Soudan « uni et démocratique ». Selon le Haut commissariat aux réfugiés des Nations Unies, plus de 65 000 personnes ont fui les combats depuis le mois d’avril.