Élection au Sénégal : un scrutin sous surveillance

Les électeurs au Sénégal doivent élire un nouveau parlement suite à une campagne tendue entre coalitions rivales lors d’une élection considérée comme un test crucial avant les élections présidentielles de 2019. Les premiers résultats sont attendus lundi tôt dans la matinée. Plus de 6,2 millions de personnes sont inscrites pour voter dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest.

Drôles d’élection au Sénégal ce dimanche, le président Macky Sall, cherche à renforcer sa majorité parlementaire en prévision d’un deuxième mandat avec pour principaux opposants son prédécesseur, Abdoulaye Wade agé maintenant de 91 ans !, et le maire de Dakar, Khalifa Sall, en détention préventive.

Abdoulaye Wade est revenu de sa retraite en France plus tôt ce mois-ci pour se présenter aux élections après s’être retiré de la vie politique suite à des scandales de corruption.

Khalifa Sall, le maire de Dakar, est actuellement en prison en attente d’un procès suite à des accusations de détournement de fonds. Il était considéré comme un favori pour les prochaines présidentielles et une menace potentielle pour le président au parlement, jusqu’à ce qu’il soit accusé en mars d’un détournement de 1,83 milliard de francs CFA (2,85 millions de dollars) dans les fonds de la ville.

Il existe un record de 47 listes de candidats se présentant aux élections, avec 165 sièges au Parlement. Quinze sièges sont réservés aux expatriés sénégalais – ce qui est une première pour le pays, la diaspora étant estimée à 500 000 personnes.

Sur les 165 sièges, 105, dont les 15 de la diaspora, seront pourvus au scrutin majoritaire, un système très favorable au parti qui terminera en tête dans chaque département, puisqu’il en raflera tous les sièges. La division de l’opposition fait donc les affaires u président Macky Sall. Soixante autres sièges seront pourvus à la proportionnelle.

Protestations avant le vote

Avant le vote, les partisans d’Abdoulaye Wade ont protesté pour montrer leur insatisfaction et la police a tiré des gaz lacrymogènes pour les disperser et a arrêté des dizaines de manifestants. Plusieurs personnes ont été blessées.

L’absence de nombreuses nouvelles cartes d’identité biométriques nécessaires pour voter a également causé des troubles. Des centaines de milliers de Sénégalais n’ont pas reçu leurs cartes à temps.

Le président a demandé au conseil constitutionnel du Sénégal d’être plus souple sur les règles de vote afin que les personnes sans cartes puissent utiliser des passeports ou d’autres formes d’identification pour voter.

Plusieurs partis politiques et coalitions d’opposition dénonçaient avec colère le mouvement de dernière minute, affirmant que cela augmentait la possibilité de fraude : « Nous demandons au Conseil constitutionnel de ne pas donner à Macky Sall et à son régime le pouvoir de frauder », a déclaré Hassan Ba, Wade, à Al Jazeera.