Egypte : face aux menaces d’attentats, l’état d’urgence prolongé

L’insécurité s’amplifie de jour en jour en Egypte. Face aux menaces d’attentats dont le pays a fait l’objet dernièrement, les autorités ont décidé de prolonger l’état d’urgence de deux mois.

Les autorités égyptiennes ne peuvent pas encore dormir sur leurs deux oreilles. La situation sécuritaire est toujours catastrophique dans le pays, depuis la destitution de Mohamed Morsi, le 3 juillet par l’armée, après concertation avec le Mouvement d’opposition Tamarrod et des dirigeants religieux. Un remue-ménage qui a poussé ce jeudi le pouvoir à prolonger de deux mois l’état d’urgence dans le pays. « Le président Adly Mansour a décidé de prolonger l’état d’urgence de deux mois, à la lumière des événements et de la situation de la sécurité dans le pays », a déclaré, sans donner plus de précision, Ehab Bedawy, le porte-parole du chef de l’Etat par intérim. Une décision qui s’applique à tout le pays et prend effet à partir de ce jeudi.

L’état d’urgence avait été instauré le 14 août dernier, suite à l’offensive menée par les forces de l’ordre contre les partisans du Président égyptien déchu, rassemblés dans deux campements au Caire, réclamant son retour au pouvoir, dénonçant sa destitution. Lors de cette opération, plus d’un millier de personnes ont péri, essentiellement des manifestants pro-Morsi, mais aussi des dizaines de membres des forces de l’ordre.

Des autorités débordées

Face à la situation sécuritaire calamiteuse, les autorités ont tenté de serrer encore plus les vis. Les menaces d’attentats étaient en effet de plus en plus récurrentes en Egypte. Mercredi un double attentat à la bombe dans le Sinaï a fait trois morts et huit blessés dans les rangs de l’armée. Un premier engin avait provoqué une « puissante explosion » devant le quartier général des services de renseignements de l’armée, à Rafah, ville frontalière de la bande de Ghaza. Puis, une seconde détonation avait touché un poste militaire de contrôle routier.

Il s’agissait du deuxième attentat commis en Egypte en moins d’une semaine. Jeudi 5 septembre dernier, le ministre de l’Intérieur Mohammed Ibrahim a été visé par un attentat à la bombe. Ce dernier y avait échappé de justesse. L’attaque visait son convoi, près de son domicile dans le faubourg de Nasr City. Deux heures après l’explosion, il avait dénoncé à la télévision d’Etat, une « lâche tentative » d’assassinat qui avait détruit quatre voitures du convoi et fait de « nombreux blessés » parmi sa garde rapprochée. Et pas plus tard que samedi dernier, l’armée a déjoué un attentat en désamorçant une bombe placée sur une voie ferrée. Preuve que les autorités peinent à rétablir l’ordre, malgré le retour des bruits de bottes…