Egypte : condamné à mort et à la prison à vie, Morsi fait appel

Les avocats du Président égyptien déchu Mohamed Morsi ont fait appel samedi des condamnations à mort et à la prison à vie prononcées à son encontre dans deux procès pour espionnage et évasion de prison.

Les avocats de l’ex-Président égyptien Mohamed Morsi n’abdiquent pas. Ils ont décidé de faire appel samedi des condamnations à mort et à la prison à vie prononcées à l’encontre de leur client, a annoncé l’un d’eux, Abdel Moneim Abdel Maqoud.

Destitué le 3 juillet 2013 par l’actuel président Abdel Fattah, Mohamed Morsi avait été condamné à mort en juin 2015 aux côtés d’une centaine de co-accusés pour des évasions massives de prison et des attaques contre la police durant le soulèvement de 2011 contre Hosni Moubarak, qui fut contraint de démissionner. Il avait aussi été condamné à la prison à vie pour espionnage au profit du Hamas palestinien, du Hezbollah libanais et de l’Iran, soit 25 ans de réclusion. Dans ces deux affaires, « nous avons interjeté appel devant la Cour de cassation pour tous les condamnés en détention, y compris Mohamed Morsi », a indiqué l’avocat Abdel Moneim Abdel Maqsoud.

Parmi les détenus condamnés à mort dans l’un ou l’autre des deux procès, figurent notamment Mohamed Badie, le guide suprême de la confrérie des Frères musulmans, dont est issu Morsi. Son adjoint, le richissime homme d’affaires Khairat al-Chater, a également été condamné à la même peine, tout comme deux responsables de la confrérie, l’ex-Président du Parlement Saad al-Katatni et Mohamed al-Beltagui.

Mohamed Morsi est toujours jugé dans deux autres procès, l’un pour « outrage à magistrat » et l’autre pour « espionnage au profit du Qatar ». Pas plus tard qu’en avril dernier, Mohamed Morsi avait déjà écopé de 20 ans de prison pour des violences contre des manifestants lors de son mandat. Là aussi ses avocats avaient fait appel dans cette affaire. Les partisans du dirigeant égyptien manifestent régulièrement pour contester sa destitution et dénoncer un « coup d’Etat ». D’ailleurs ce vendredi 14 août, la police égyptienne a dispersé de petits rassemblements organisés au Caire par les partisans de l’ex-Président qui se sont réunis pour commémorer le deuxième anniversaire de la mort de centaines de manifestants pro-Moris dans des affrontements avec la police.