Egypte : al-Sissi l’intouchable !

Ce dimanche, la Commission constituante égyptienne a fini d’adopter les articles du projet de nouvelle Constitution. L’un d’eux, controversé, stipule que l’armée peut juger des civils dans certains cas.

La commission constituante a approuvé, ce dimanche soir, le projet de Constitution égyptienne devant être soumis à référendum. « Nous avons approuvé le projet » de Constitution, a annoncé à la télévision Amr Moussa, le président de la commission constituante, composée de 50 membres, avant d’ajouter que « le projet sera remis mardi au Président Adly Mansour », tout en souhaitant une « longue vie à l’Egypte ».

La nouvelle loi fondamentale maintient de larges prérogatives à l’armée, comme la possibilité de juger dans certains cas des civils. En clair, les tribunaux militaires pourront juger les civils dans des cas bien déterminés : à savoir suite à des agressions contre les militaires durant l’exercice de leurs fonctions, mais aussi contre les bases, bâtiments et véhicules de l’armée.

La feuille de route prévoit la tenue d’un référendum sur la Constitution avant la fin de l’année. Un peu plus tôt dimanche, la commission constituante avait rejeté un article du projet de Constitution fixant le calendrier pour les élections législatives et présidentielle. Cet article a fini par être reformulé et elle indique que les procédures pour la « première élection doivent commencer au moins 30 jours après l’adoption de la Constitution et au plus tard 90 jours après ». Quant aux « procédures pour l’autre élection, (elles) doivent commencer dans les six mois suivant le référendum ». L’AFP indique qu’un membre de la commission, en l’occurrence Abdel Gilil Mustafa, a affirmé à la télévision que « le Président déciderait quelle élection se tiendra en premier ».

Il faut noter que le budget de l’armée reste à l’abri de tout droit de regard civil, le seul habilité à en discuter étant le Conseil national de la Défense, qui comprend 14 membres, dont huit militaires, le ministre de l’Intérieur et des responsables gouvernementaux. Quant au ministre de la Défense, durant les deux mandats présidentiels à venir, il ne pourra être nommé qu’en accord avec le Conseil suprême des forces armées.

Dès lors, le général Abdel Fattah al-Sissi reste pratiquement intouchable au poste de ministre de la Défense et commandant en chef des Forces armées pour huit longues années. A moins qu’il décidait de se présenter à la Présidentielle. Ce qui pourrait changer la donne.