Egypte : 55 000 imams interdits de prêche

Les autorités égyptiennes ont annoncé vouloir interdire de prêche 55 000 imams non déclarés pour lutter contre l’insécurité.

Pour faire face à la montée de l’intégrisme religieux en Egypte, les autorités égyptiennes entendent destituer de leur titre d’imam 55 000 Egyptiens autoproclamés. Elles espèrent ainsi les empêcher de poursuivre leur prêche dont certains pourraient inciter à l’insurrection ou à continuer de soutenir le parti des Frères musulmans dissout en organisation non-gouvernementale.

Selon le ministre des Biens religieux, Mohamed Mokhtar Gomaa, l’interdiction concerne des imams qui prêchent sans licence. Ils seraient, d’après ce dernier, une menace pour la sécurité nationale. « Cette décision vise uniquement à légaliser le prêche pendant la grande prière du vendredi et à faire en sorte que seuls ceux qui sont autorisés à le faire puissent le faire », a-t-il assuré, d’après Lesechos.fr.

La tâche s’annonce difficile. Durant l’ère Moubarak, les salles de prières se sont multipliées et beaucoup d’entre elles échappent au contrôle des autorités, car l’ancien raïs avait légué ce terrain ainsi que le social aux islamistes et salafistes afin qu’ils s’écartent du champ politique. Il risque donc d’être difficile pour les autorités de contrôler l’ensemble des sentiers religieux du pays.

La sécurité dans le Sinaï renforcée

Dans un même temps, les autorités ont renforcé la sécurité dans la péninsule du Sinaï à la suite de la revendication par un groupe islamiste de cette région, Ansar Baït al Maqdis. C’est cette même organisation armée qui a revendiqué l’attentat manqué contre le ministre de l’Intérieur Mohammed Ibrahim, jeudi dernier au Caire. C’est encore cette même organisation qui aurait, selon elle, lancé des tirs de roquettes en direction d’Israël. Ce serait aussi elle qui aurait mené des attentats contre le gazoduc qui relie l’Egypte, Israël et la Jordanie au cours des deux dernières années. Mais « ce qui suivra sera pire », a affirmé dimanche sur Internet le mouvement islamiste.

Le gouvernement égyptien a décidé d’agir en renforçant les contrôles sur les grands axes routiers et aux principaux carrefours du Sinaï. La péninsule est instable depuis la destitution de Mohamed Morsi, le 3 juillet. Samedi dernier, une offensive a été lancée contre des djihadistes, près de Cheikh Zouweïd, dans le nord du Sinaï, faisant au moins neuf morts.

Les services de sécurité estiment le nombre de membres d’Ansar Baït al Maqdis entre 700 et 1 000 combattants, ce qui fait de cette organisation la deuxième plus importante du Sinaï, après Salafiya Djihadiya qui en compterait près de 5 000.