Education sexuelle à Maurice : mieux vaut prévenir que guérir

La Mauritius Family Planning Association (MFPA) a mis en place, avec l’aide des enseignants mauriciens, un nouveau curriculum qui sera introduit à la rentrée 2001 et dans lequel l’éducation sexuelle sera enseignée dès le primaire. Pour toucher les populations à risque de demain.

Devant le manque criant de connaissances en matière d’éducation sexuelle des jeunes Mauriciens, la Mauritius Family Planning Association (MFPA), a mis au point un programme spécial d’enseignement. L’ONG, qui compte une vingtaine de personnes, travaille essentiellement sur la promotion de la santé sexuelle et de la reproduction. Elle a déjà élaboré un programme d’éducation sexuelle pour le secondaire, dès les années 80, et se lance aujourd’hui à l’assaut de l’école primaire.

 » Si nous avons décidé de viser des enfants qui ne sont pas encore actifs sexuellement, c’est parce qu’il vont le devenir et qu’il faut les éduquer maintenant. L’âge de la puberté baissant, il y a une nécessité à toucher le primaire aujourd’hui « , explique Sangeet Jooseery, le directeur exécutif de la MFPA. L’association a donc mis au point un curriculum pour les élèves de la classe terminale du primaire :  » Nous l’avons testé dans les écoles, afin d’apporter les modifications nécessaires et de répondre aux besoins des élèves. Nous avons ainsi ajouté des sujets comme le sida, les maladies sexuellement transmissibles, les droits de l’enfant et les problèmes relationnels au niveau de la famille « , continue-t-il.

Eduquer les enfants… et les parents

Avec l’aide de pédagogues, l’association a formé les professeurs sur la façon d’enseigner l’éducation sexuelle à des enfants particulièrement jeunes. A l’aide de livres édités par la MFPA ainsi que des vidéos, les professeurs distillent une heure de cours par semaine.  » Mais c’est insuffisant « , note M. Jooseery,  » et comme nous n’avons pas les moyens de toucher toutes les écoles, nous avons choisi d’en cibler trois particulièrement dès l’année prochaine, là où nous estimons que les problèmes sont les plus aigus (relations parents-enfants, attouchements sexuels, ndlr). L’impact est difficile à évaluer sur des interventions sporadiques, et nous voulons fournir un programme plus assidu, plus continu, axé sur les problèmes spécifiques des régions choisies : les alentours de Rochebois, Ste Croix et Tranquebar. Ce sont des régions défavorisées où se concentrent des problèmes sociaux graves, notament la violence domestique.  »

L’important, c’est aussi le travail fourni en amont auprès des parents :  » Nous devons les éduquer, car si nous n’avons pas leur accord, le programme tombe à l’eau « , explique Sangeet Jooseery. La MFPA a ainsi lancé dans ces régions une campagne de sensibilisation, qui malgré de fortes réticences initiales, a été bien reçue par les parents :  » Nous leur avons expliqué que c’était pour le bien-être de leurs enfants, et ils ont compris.  » Car au-delà des messages de prévention – notamment en ce qui concerne le sida ou les avortements -, c’est un véritable travail sur les liens familiaux qui est effectué, et qui redonne à l’enfant confiance et sécurité.