Des citoyens veulent empêcher la vente de Ghana Telecom à Vodafone

Des citoyens ghanéens ont saisi la justice afin d’arrêter la vente de la compagnie nationale Ghana Telecom à Vodafone, premier groupe mondial de la télécommunication mobile. Ils s’inquiètent des répercussions économique, politique et stratégique de cette décision, sur laquelle le parlement doit statuer dans deux semaines.

Un groupe de citoyens ghanéens a entrepris une action en justice pour stopper la future vente de la société nationale Ghana Telecom à un géant international des télécommunication, Vodafone.

Bright Akwetey, avocat du groupe, a déclaré jeudi à Accra que cette action en justice contre le gouvernement a été motivée par les pertes financières imprudemment causées à l’Etat; la cession illégale d’un bien public; la conclusion d’un contrat de vente au détriment de l’intérêt public; la sous-évaluation d’un bien public destiné à être vendu à une compagnie étrangère et la conclusion d’un accord public dans le non respect de la procédure légale.

En ayant recours à la justice, le groupe espère une annulation de l’accord de vente de Ghana Telecom à Vodafone; une ordonnance de dissolution de Ghana Telecom Company élargie créée pour les besoins de la vente de Ghana Telecom; la restitution du réseau fibre optique à Volta River Authority et une ordonnance pour une réévaluation juste et exacte des biens de Ghana Telecom.

Le gouvernement avait annoncé le 3 juillet la conclusion d’un accord de partenariat avec Vodafone, le premier groupe mondial de la télécommunication mobile, concernant 70 pour cent de ses actions dans Ghana Telecom (GT). Le gouvernement conservera 30 pour cent de ses actions dans ladite compagnie.

Un communiqué du gouvernement annonçait également la signature d’un accord avec Vodafone relatif à l’introduction en Bourse, Ghana Stock Market, des actions de GT dès que possible.

« Eu égard à cet accord, la valeur de l’entreprise Ghana Telecom est d’environ 1,3 milliard de dollars US en plus d’une injection de 500 millions de dollars en espèces, ce qui fait un total de 1,8 milliard de dollars US », précise le communiqué.

Il indique que grâce à cet accord, les Ghanéens bénéficieront de prestations de services et de produits supérieurs partout dans le pays, d’un relèvement de la part de marché de la télécommunication mobile de GT et à une offre de prix/minute compétitifs, d’un service efficace assurant un service ininterrompu au consommateur et l’injection d’investissements substantiels dans l’économie.

Le communiqué ajoute que Vodafone mettrait à contribution son expérience dans plus de 25 pays et son réseau de partenaires dans 42 autres pays avec plus de 260 millions de consommateurs pour offrir le meilleur service de télécommunications aux Ghanéens.

Toutefois, la transaction, critiquée par plusieurs hommes politiques et organisations de la société civile doit être soumise à l’approbation du parlement.

Le Committee for Joint Action (CJA), un groupe de pression, a exprimé sa vive opposition à cette future vente qui « se fait au détriment de l’intérêt économique, politique et stratégique ».

Le groupe estime que la transaction a été exécutée de manière si hâtive qu’elle prive les Ghanéens de la possibilité de discuter de sa portée réelle.

Samuel Okudzeto Ablakwa, un membre de CJA, estime que la vente de GT avait été justifiée par les fallacieuses déclarations du gouvernement selon lesquelles les Ghanéens n’avaient pas l’expertise pour gérer cette compagnie.

Le parlement doit être rappelé dans deux semaines pour débattre de l’accord, qui a suscité des joutes haineuses entre le gouvernement et les partis minoritaires.

L’Union des syndicats du Ghana a également demandé au gouvernement d’annuler l’accord de vente/achat devant le parlement et appelé à un large débat public et des consultations sur les différentes options disponibles.

Le Conseil des chrétiens du Ghana a pour sa part jugé que les points de vue différents et divergents exprimés par des Ghanéens bien intentionnés suite à la décision du gouvernement, exigent une réflexion approfondie et la recherche de consensus afin de s’assurer que toute action qui a été prise n’a pas affecté l’intérêt suprême du Ghana.