Des Chagossiens prônent une lutte nationale pour récupérer leurs iles

Le leader du Comité social chagossien (CSC), Fernand Mandarin, a demandé jeudi au gouvernement mauricien de ne pas laisser tomber les 65 îles de l’archipel des Chagos que les Britanniques ont pris de force, il y a quatre décennies, après avoir expulsé tous ses habitants vers
Maurice et les Seychelles.

M. Mandarin et une centaine de Chagossiens sont rentrés à
Maurice lundi dernier, après une visite d’une dizaine de jours sur trois de leurs îles – Salomon, Peros Banhos et surtout Diego Garcia où les Américains ont construit une base militaire. Selon M. Mandarin, cet archipel fait partie du territoire
mauricien.

« Pensez-y », a-t-il dit, ajoutant que personne ne poursuivra cette lutte quand il n’y aura plus de Chagossiens natifs de l’archipel dans un certain nombre d’années.

M. Mandarin a raconté ensuite dans les détails ce qu’ils ont vu sur les trois îles qu’ils ont visitées. Premier constat, selon lui, l’environnement n’est plus le même. Les oiseaux et les poissons, dont le fameux cateau que les
Chagossiens pêchaient dans le lagon ont disparu.

« Nous sommes allés voir les coraux. Que sont-ils devenus ? Ils sont de toutes les couleurs, rouges, bleus, noirs mais pas blancs », a-t-il affirmé.

Selon lui, des touristes viennent pique-niquer sur l’île Salomon. Il a indiqué avoir vu des balançoires, des fanaux, des prélarts et aussi des boîtes de conserves.

« Cette île se trouve dans un état déplorable, c’est la jungle. Le cimetière, l’église, tout est abandonné. Une journée n’a pas été suffisante pour tout nettoyer », a-t-il dit.

Parlant de Diego Garcia, le leader chagossien a dit qu’ils n’ont pas eu le droit de prendre des photos de la base.
« Les Chagossiens n’ont pas reconnu leur île. C’est comme une ville américaine moderne », a ajouté M. Mandarin.

Dans ses revendications au représentant britannique Tony
Humphries, il a demandé que le gouvernement britannique s’occupe des cimetières de Salomon et de Peros Banhos, du toit des églises et de tracer les sentiers menant à l’intérieur des îles.

« Il a agréé à ma demande mais je lui ai dit que ce sont des
Mauriciens et des Chagossiens qui doivent entreprendre ces
travaux », a-t-il affirmé.