Démission du premier ministre sénégalais

Le Premier Ministre sénégalais, Idrissa Seck, a remis sa démission, vendredi au chef de l’Etat. Abdoulaye Wade s’est pourtant empressé de le reconduire dans ses fonctions en lui demandant de former un nouveau gouvernement. Les raisons du geste du chef du gouvernement restent obscures. Sans doute a-t-il voulu tester la confiance du Président.

Par Barthélémy Sène

Le Premier Ministre sénégalais M. Idrissa Seck, a présenté vendredi, sans aucune raison précise, sa démission au Président de la République du Sénégal, Maître Abdoulaye Wade, qui l’acceptée. Le chef de l’Etat a aussitôt renouvelé sa confiance à M. Seck et lui a demandé de démarrer dès lundi des consultations pour former un nouveau gouvernement.

Cette démission du Premier Ministre sénégalais intervient au lendemain de son retour de vacances qui l’ont conduit en Afrique du Sud et en France. Ces derniers jours, la presse sénégalaise s’est beaucoup faite l’écho de l’absence momentanée du Premier Ministre au moment où de fortes inondations ont frappé la partie nord du pays, causant beaucoup de dégâts et des pertes humaines en vue.

Jauger le degré de confiance du Président

On aura aussi gardé à l’esprit les récents aménagements apportés par le Président dans l’espace des conseillers présidentiels, avec la nomination d’un de ces anciens fils spirituels, Maître Ousmane Ngom, au poste de conseiller chargé des affaires internationales, en l’absence du Premier Ministre. Maître Ngom a été l’un des plus farouches opposants de M. Seck, au temps où il était encore au Parti démocratique sénégalais. M. Ngom vient de dissoudre tout récemment son parti pour le fondre dans celui du Président, qui n’a pas tardé à lui trouver un poste de conseiller à la présidence avec rang de ministre.

Les relations qualifiées de froid ces derniers temps entre le Président et son Premier Ministre font également couler beaucoup d’encre dans les salons de Dakar, notamment après la publication du livre du journaliste Abdou Latif Coulibaly, « Wade, un opposant au pouvoir, l’alternance piégée ». D’aucuns verraient la main du Premier Ministre Idrissa derrière certaines des révélations contenues dans ce livre, d’autant plus que le nom du Premier Ministre n’a pas été nommément cité par l’auteur.

Cette semaine, deux quotidiens à relent politique ont vu le jour dans la presse sénégalaise. Ces journaux ont ouvertement affiché leur opposition farouche au Premier Ministre, l’accusant d’être à l’origine de tous les mots que connaît le pays. A l’heure actuelle, les supputations vont bon train, car le bruit courrait dans Dakar que Maître Wade voulait effectivement se séparer de son Premier Ministre, dont il n’avait plus confiance. La tournure des événements semblent montrer le contraire : « avant que vous ne me démissionnez, je démissionne », semble être l’attitude de M. Seck. Une façon de jauger le degré de confiance que le Président porte envers lui. C’est les détracteurs de Idrissa Seck qui vont se sentir petit.

De notre partenaire Le Nouvel Economiste.