
Le gouvernement nigérian a officiellement saisi les autorités ivoiriennes après la mort en prison d’un jeune commerçant de 24 ans, arrêté lors d’un voyage d’affaires à Abidjan. Abuja réclame des éclaircissements sur les circonstances du drame ainsi qu’une indemnisation pour la famille de la victime. Le gouvernement fédéral dénonce également les conditions de détention des ressortissants nigérians concernés.
Le Nigeria hausse le ton à l’égard de la Côte d’Ivoire après le décès d’un de ses ressortissants en détention. La ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, a convoqué ce vendredi 03 juillet, l’ambassadeur de Côte d’Ivoire au Nigeria, Kalilou Traoré, afin d’obtenir des explications sur les circonstances ayant conduit à la mort d’Usama Murtala, un commerçant nigérian de 24 ans décédé après son incarcération à la prison de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA).
Au cours de cette rencontre, la cheffe de la diplomatie nigériane a également demandé qu’une indemnisation soit accordée à la famille du défunt. Elle a insisté sur la nécessité de faire toute la lumière sur cette affaire et d’établir les responsabilités.
Abuja revient sur les faits et demande une enquête approfondie
Usama Murtala faisait partie d’un groupe de six jeunes commerçants originaires de l’État de Sokoto (nord-ouest du Nigeria) qui s’étaient rendus à Abidjan par voie terrestre en août 2025 pour mener des activités commerciales. Selon les autorités nigérianes, ils avaient été arrêtés puis placés en détention à la prison de la MACA sans inculpation ni jugement.
Les cinq autres commerçants, Aliyu Malami, Nasiru Umar, Shamsu Abubakar, Sa’adu Bello et Liman Mohammed, ont récemment été libérés grâce aux démarches entreprises par la mission diplomatique du Nigeria en Côte d’Ivoire et aux interventions du ministère nigérian des Affaires étrangères. Ils ont été accueillis mardi soir à leur arrivée à l’aéroport international Nnamdi Azikiwe d’Abuja avant de regagner leur État d’origine.
Lors de son entretien avec l’ambassadeur ivoirien, Bianca Odumegwu-Ojukwu a également regretté que les autorités nigérianes n’aient pas été informées de l’arrestation et de la détention de leurs ressortissants. Selon elle, cette absence de notification a retardé l’intervention consulaire qui aurait pu leur apporter une assistance plus rapide.
La ministre a souligné que les jeunes commerçants effectuaient un simple voyage d’affaires et qu’ils avaient été confrontés à d’importantes difficultés de communication en raison de la barrière linguistique dans un pays francophone. Elle a également relevé qu’ils n’avaient bénéficié d’aucune assistance juridique durant leur détention.
Abuja affirme par ailleurs que les téléphones, les marchandises, les sommes d’argent et les autres effets personnels saisis au moment de leur arrestation ne leur ont pas été restitués après leur remise en liberté. La ministre a demandé à l’ambassadeur Kalilou Traoré de transmettre ces préoccupations aux autorités d’Abidjan et de soutenir l’ouverture d’une enquête approfondie sur cette affaire.




