Cyberpositifs au Kapot

Un nouveau cybercafé à Ouagadougou fait frémir ses concurrents. Signe particulier : casse les prix. Autre signe particulier : s’engage pour la réinsertion des séropositifs. K@POT.COM : pari audacieux, succès immédiat.

Les cybercafés à Ouaga, ce n’est pas nouveau. Une dizaine à peu près se remplissent chaque jour d’adeptes du mail et de surfeurs invétérés. Mais depuis quelques jours, le marché doit faire face à l’arrivée d’un concurrent de taille. KaPOT.COM, le nom peut faire sourire mais il n’est pas dû au hasard. Ce cybercafé de la rue des écoles a en effet la particularité de promouvoir la réinsertion des séropositifs.

Les cinq permanents qui y travaillent sont malades du sida et, grâce aux bénéfices de la boutique, peuvent se fournir les fameux Anti Retro Viro (ARV) qui permettent de stabiliser l’évolution du virus. Or, ces bénéfices connaissent une courbe exponentielle. Avec quinze ordinateurs en réseau, un scanner, un graveur, une webcam et des prix de connexion défiant toute concurrence, les séropos de Ouaga jouissent d’un succès sans précédent.

Le secret de la réussite

Quinze minutes de connexion pour 300 F cfa (3 FF) et une heure pour 1 000 F cfa (10 FF). Déjà cinq cents abonnés. Des tarifs inégalables.  » Nous sommes soumis aux impôts et à la réglementation en vigueur concernant les entreprises. Mais pour débuter, nous avons pu obtenir de l’aide du ministère de la Coopération français et d’associations comme  » Ensemble contre le SIDA « . De plus, tous nos ordinateurs, c’est de la récupération « , explique Issoufou Tiendrebogo. Son association, African solidarité, utilise parallèlement l’argent généré par KaPOT.COM pour financer un centre de dépistage et de soins aux séropositifs.

Ce centre, Oasis, offre déjà l’accès aux ARV à quarante personnes.  » Mais ce qui est important, c’est la réinsertion. Il faut que les malades puissent s’occuper, rencontrer des gens et se faire soigner « , poursuit Issoufou. Dès janvier, ce ne seront plus cinq, mais sept permanents qui accueilleront les surfeurs de Ouaga dans le plus vaste cybercafé de la ville.

Bonne chance à la concurrence quand même !

Contact African solidarité :