Violences en RDC : 42 personnes tuées par les forces de l’ordre !

Selon la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), 42 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre, depuis lundi, à Kinshasa, dans les manifestations contre le vote de la nouvelle loi électorale qui permettrait au Président Joseph Kabila de reporter la Présidentielle.

Au moins 42 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre, depuis lundi, à Kinshasa, où de violents heurts ont eu lieu entre la police et des manifestants qui protestent contre le vote d’une nouvelle loi électorale, a affirmé, ce jeudi 22 janvier 2015, la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), dans un communiqué. « Comme cela est malheureusement devenu récurrent en RDC, les forces de sécurité ont à nouveau fait preuve d’une réaction totalement excessive et disproportionnée, en tirant à balles réelles sur des manifestants, faisant 42 morts et des dizaines de blessés », précise l’organisation.

Le gouvernement revoit le bilan à la baisse

De son côté le gouvernement nie ces informations, affirmant que « onze personnes, dont un policier et dix pillards ont été tués, depuis lundi, dans les troubles ». Hormis Kinshasa, la tension est aussi vive à Goma, capitale du Nord-Kivu, province de l’est de la RDC. Au moins deux étudiants y ont été blessés par des policiers qui ont ouvert le feu sur les protestataires qui appellent à la démission du Président Joseph Kabila. Quatre cortèges rassemblant chacun plusieurs centaines de manifestants se sont formés dans la capitale de la province du Nord-Kivu, et les forces de l’ordre ont tiré à plusieurs reprises pour les disperser, en fin de matinée, selon l’AFP, qui souligne que vers midi, les heurts se poursuivaient entre les policiers anti-émeutes et les manifestants qui lançaient des pierres.

Affrontements, répression et arrestations

L’organisation de défense des droits de l’Homme rappelle que, depuis lundi 19 janvier 2014, les manifestations contre l’adoption du projet de loi modifiant la loi électorale ont tourné à l’affrontement, notamment à Kinshasa. La police anti-émeute congolaise a réprimé à balles réelles les manifestants. Le quartier autour de l’Assemblée nationale est totalement bouclé par des centaines de policiers et militaires, notamment de la garde présidentielle, afin d’empêcher les manifestants d’atteindre le Parlement. Les manifestants ont quant à eux érigé des barricades dans plusieurs quartiers de la ville et des scènes de pillages ont été rapportées particulièrement contre les magasins de propriétaires chinois, considérés comme soutiens du régime en place.

« Les autorités congolaises semblent vouloir étouffer la contestation par tous les moyens »

Selon la FIDH, « les autorités congolaises semblent vouloir étouffer la contestation par tous les moyens », soulignant que, depuis le 19 janvier au soir, les communications internet et sms sont coupées et l’antenne de Radio France internationale (RFI) est coupée depuis le 21 janvier. La FIDH précise aussi que « des membres de l’opposition ont été arrêtés, tels que Jean-Claude Muyambo, président du SCOD, ancien parti de la majorité présidentielle qui a rejoint l’opposition, arrêté le 20 janvier au matin à Kinshasa, ainsi que deux représentants de l’UDPS et de l’UNC, les principaux partis d’opposition, arrêtés eux à Goma. Dans l’après-midi du 21 janvier, des policiers ont empêché un groupe d’opposants politiques de rendre visite aux blessés à l’hôpital général de Kinshasa Mama Yemo, ce qui a donné lieu à une violente altercation et à l’intervention d’éléments de la garde présidentielle qui en tirant ont fait trois blessés.»

A l’origine de cette tension, depuis plusieurs jours dans le pays, le projet de révision de la loi électorale, qui pourrait compromettre la tenue de l’élection présidentielle en 2016. L’opposition congolaise craint en effet que ce projet de loi électorale ne soit une combinaison pour le Président Joseph Kabila, qui ne doit plus se présenter à la magistrature suprême, de repousser l’élection résidentielle prévue en 2016. Cette opposition dénonce ainsi un coup d’Etat constitutionnel après l’adoption du projet de révision du code électoral par le parlement, au cours du week-end.