Crise en Centrafrique : « Bozizé veut attirer l’attention de la France »


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Pour faire face à la crise politique de son pays, le président Bozizé a limogé son fils au ministère de la Défense mais aussi le chef d’Etat major de l’armée centrafricaine, Guillaume Lapo. L’objectif, regagner l’estime de la population, très en colère. Mais pour l’opposition ce n’est pas suffisant. Le chef d’Etat centrafricain affirme également qu’il y a des jihadistes au sein des rebelles du Séléka pour attirer l’attention des Occidentaux sur le sort de son pays.

François Bozizé a réorganisé la défense de son pays. Après avoir limogé son fils au ministère de la Défense, c’est au tour du chef d’Etat major Guillaume Lapo d’être démis de ses fonctions. Un limogeage qui fait grincer des dents au sein de l’opposition centrafricaine, qui estime que ce n’est pas la solution pour régler la crise car l’armée doit être reconstruite en profondeur. Selon elle, les réformes devaient déjà être engagées il y a longtemps.

Bozizé a avant tout effectué ces limogeages pour calmer le mécontentement de la population, affirme Lydie Boka, spécialiste de la Centrafrique, contactée par Afrik.com. « Comme elle s’est sentie abandonnée, il fallait qu’il fasse un geste pour montrer qu’il a toujours les commandes dans le pays. Il fallait qu’il rectifie le tir, car les rebelles ont pris les 3/4 du pays en très peu de temps ».

Des jihadistes au sein des rebelles

Face à son impuissance, François Bozizé veut également attirer l’attention des Occidentaux sur son pays, constate Lydie Boka. Pour cela, le pouvoir a affirmé qu’il y avait des jiadistes au sein des rebelles, qui forment une coalition de différents mouvements. D’après la spécialiste, « c’est une manœuvre très habile de la part de Bozizé. Affirmer qu’il y a des islamistes au sein du Séléka, ce qui n’est pas faux d’ailleurs, devrait contraindre les Occidentaux à regarder la situation de son pays plus attentivement ». La France, qui a une base militaire dans le pays a, quant à elle, clairement affirmé qu’elle n’interviendrait pas, hormis pour protéger ses ressortissants.

Même si les rebelles ont pris beaucoup de villes, François Bozizé argue toutefois qu’il contrôle toujours Bangui où réside la majorité de la population centrafricaine. Les villes tombées aux mains des rebelles du Séléka ne représentent que 19% de la population. La Centrafrique est un immense pays, mais très peu peuplé. Avec ses 22 000 km2, il fait le double de la Côte d’Ivoire mais ne contient que le 1/4 de la population ivoirienne.

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