Courts particuliers sur l’Algérie

Dans le cadre de  » Djazaïr, l’Année de l’Algérie en France « , les films algériens étaient à l’honneur au 25ème Festival de court-métrage de Clermont-Ferrand (France). Une trentaine de courts, documentaires ou fictions, ont balayé 40 ans d’histoire cinématographique.

Sept programmes. Soit une trentaine de films, datés de 1958 à 2002, pour écrire l’histoire cinématographique de l’Algérie, en courts, en large et en travers ! Le Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand, qui s’est clôturé samedi, s’est fendu cette année d’une programmation algérienne hors-pair. D’une rétrospective incontournable et  » magnifique  » selon El Hadj Bensalah, directeur de la cinémathèque d’Oran.  » Car elle mélange des films d’époque et ceux de jeunes réalisateurs. C’est une fantastique opportunité de parler du cinéma algérien. N’oublions pas que celui-ci est né avec des courts-métrages, tournés dans le maquis.  »

Malgré les difficultés financières et techniques que rencontrent les réalisateurs en Algérie, le court-métrage semble connaître un renouveau dans le pays.  » Il y a une embellie « , explique El Hadj Bensalah.  » Pendant les années 90, c’était difficile de mettre en avant les formats courts car il n’était plus question de défendre le court ou le long métrage mais de défendre le cinéma en général… A la cinémathèque d’Oran, nous possédons quelque 2 000 courts, parmi lesquels se trouvent de vraies perles, et nous organisons chaque année les Journées internationales du court-métrage d’Oran. C’est le seul festival en Afrique et dans le monde arabe à défendre le court-métrage. Les longs-métrages sont réservés à une petite élite, ils coûtent très cher. Les courts permettent aux jeunes réalisateurs d’exprimer leur talent et leur créativité avec moins de moyens.  »

Prix de la Jeunesse

Le public clermontois ne s’y est pas trompé. Le Prix de la Jeunesse (compétition nationale) a été décerné à C’était pas la guerre d’Alexandrine Brisson (2002, fiction, 25′). La réalisatrice y raconte avec délicatesse l’histoire de Marie, 6 ans, qui observe les événements précédant l’indépendance de l’Algérie et souffre du non-dit des adultes. Les festivaliers ont applaudi en masse Clan destin d’Abdel Hamid Krim (1999, fiction, 14′) et Peut-être la mer de Rachid Bouchareb (1983, fiction, 15′) bourrés d’humour, ainsi que l’excellent Echos du stade d’Abdelkader Ensaad (1998, documentaire, 24′).

Deux autres documentaires ont marqué par leur sujet et leur maîtrise de la réalisation : Algériennes 30 ans après d’Ahmed Lallem (1996, 54′) et Le rêve de Sisyphe. Algérie, la réconciliation ? de Faouzia Fekiri (2000, 52′). A côté de ces créations contemporaines, les aînés n’étaient pas en reste : deux reportages de Pierre Clément, pionnier du cinéma algérien, réalisés sous l’égide du front de Libération nationale (FLN) en 1958 ont été projetés. Des sujets durs comme le bombardement de Sakiet par l’aviation française (Sakiet Sidi Youssef, 1958, 14′) ou les réfugiés algériens en Tunisie (Réfugiés algériens, 1958, 14′, peu après avoir réalisé ce film, Pierre Clément sera arrêté par les forces françaises et emprisonné pour quatre ans). Sur un ton beaucoup plus léger, Le guérisseur de Jean Mousselle (1962, fiction, 26′), aborde les relations hommes-femmes sur le ton de la comédie.

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