Côte d’Ivoire : une caravane contre la violence en politique

L’association civile « le Mouvement pour la conscience républicaine » veut promouvoir la non-violence en Côte d’Ivoire. Sa caravane pour le fair-play politique souhaite contribuer à l’élaboration d’un climat électoral paisible. Interview du créateur du mouvement, Karim Ouattara.

Le fair-play n’est pas l’apanage du sport. Il a toute sa place en politique. C’est fort de cette conviction que Karim Ouattara, fondateur du Mouvement pour la conscience républicaine, une association de la société civile qui milite pour la non-violence en Côte d’Ivoire, lance ce lundi la « caravane du fair-play politique ». Du lundi 16 au mercredi 18 août, ce jeune homme de 33 ans conduira une caravane d’une vingtaine de journalistes nationaux et internationaux à la rencontre des 14 candidats à la présidentielle du 31 octobre. Ceux-ci seront invités à s’engager dans la voie de la non-violence.

En février, des violences avaient éclatées au moment de la contestation de l’opération de radiation des présumés étrangers sur la liste électorale lancée par le pouvoir. Karim Ouattara, qui n’a aucun lien de parenté avec Alassane Ouattara, le président du Rassemblement des républicains (RDR), souhaite contribuer à éliminer la violence du débat politique. Interview d’un homme qui souhaite faire changer son pays.

Afrik.com : En quoi consiste le Mouvement pour la conscience républicaine ?

Karim Ouattara :
C’est une organisation de la société civile qui milite pour une jeunesse unie, disciplinée et active. J’ai créé ce mouvement il y a deux semaines. Nous militons pour une Afrique forte. Nous n’allons pas nous limiter à la période électorale, mais elle sera notre baptême du feu. Nous allons ensuite dérouler notre action de sensibilisation des jeunes : propreté de la ville, problème d’analphabétisme, discipline des chauffeurs de minibus avec le programme « le chauffeur de baka de l’année ». Chaque mois, des passagers proposeront des chauffeurs au comportement exemplaire, nous les rencontrerons, nous publierons leur photographie dans les journaux et nous leur offrirons des primes.

Afrik.com : Quel est le but de votre « caravane pour le fair-play politique » ?

Karim Ouattara :
Nous avons formé une caravane d’une vingtaine de journalistes. Nous irons voir tous les candidats, qui expliqueront leur programme, puis devront adresser un mot de fair-play. Nous sommes en très bons termes avec les candidats. Nous voulons qu’ils aient la possibilité de s’engager dans la non-violence.

Afrik.com : Qui finance toutes ces actions ?

Karim Ouattara :
Moi. Je suis manager dans une multinationale et quelques amis soutiennent également le projet. Mais nous avons été contactés par l’ambassade de Côte d’Ivoire auprès de la Commission européenne, qui pourrait peut-être nous venir en aide.

Afrik.com : Pensez-vous que les élections auront réellement lieu ?

Karim Ouattara :
J’en suis convaincu, car cela fait 7 fois qu’elles sont repoussées. La commission électorale indépendante a eu tout le temps de préparer ces élections. Quant à la distribution des cartes d’identité, ce n’est pas un problème fondamental car il est possible de les retirer dans le centre où l’on vote. L’encasernement [ndlr : le retour dans les casernes des ex-rebelles] reste un problème majeur mais la présence d’un contingent de forces internationales est une opportunité à saisir.

Afrik.com : Les candidats vont-ils encore se déchirer sur le concept d’ivoirité ?

Karim Ouattara :
Non je ne pense pas, car la candidature d’Alassane Ouattara a été acceptée. Le problème ne peut plus se poser. Si un candidat soulevait à nouveau cette question, il serait désavoué par son parti.

Afrik.com : Voulez-vous vous lancer en politique ?

Karim Ouattara :
En politique non, par contre je me verrais bien à l’ONU.