Côte d’Ivoire : six personnes tuées et plus de 100 blessés

Certains Ivoiriens sont révoltés depuis l’annonce de la candidature du Président Alassane Dramane Ouattara, pour briguer une troisième magistrature à la tête de l’État. Depuis le 6 août, on déplore déjà six personnes tuées et plus de 100 blessées à travers le pays.

La violence devient incontrôlable en Côte d’Ivoire et les tensions montent entre les partisans de l’ex-Président Henri Konan Bedié, candidat à la Présidentielle, et ceux du Président sortant Alassane Dramane Ouattara, depuis quelques jours. Une situation inquiétante, qui rappelle un peu la crise de 2010-2011, qui avait fait des milliers de morts dans tout le pays.

Les affrontements sont désormais au quotidien entre les partisans à Abidjan et dans le reste du pays. Des heurts ont eu lieu dans le village d’Anoumabo, près de Douakro, ou 68 personnes ont été interpellées par les autorités, pour trouble à l’ordre public. « Voyez nos pertes. Aujourd’hui nous sommes au dehors. On ne sait même pas où aller parce que je ne sais pas, je ne sais pas comment expliquer. On est dispersés. Nous demandons seulement la paix », a imploré Marcelline Kouamé Aya, une ménagère trentenaire, en marchant dans les décombres de sa maison familiale dans le quartier de Baoulékro.

Les manifestants se sont heurtés aux forces de l’ordre, dans la capitale économique Abidjan, le jeudi dernier. Un affrontement qui a fait plusieurs blessés. Depuis le 6 août, on déplore déjà six personnes tuées et plus de 100 blessées à travers ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Au pouvoir depuis 2010, Alassane Dramane Ouattara alias «ADO», a annoncé il y a quelques jours sa candidature, pour la prochaine élection présidentielle en Côte d’ivoire, suite au brusque décès de son successeur désigné, le défunt Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

À noter que la Constitution ivoirienne limite à deux les mandats présidentiels, mais opposition et pouvoir sont en désaccord sur l’interprétation de la réforme adoptée en 2016. En revanche, les partisans d’ADO affirment qu’elle a remis le compteur des mandats à zéro, ses adversaires jugent anticonstitutionnelle une troisième candidature.