Côte d’Ivoire : polémique autour des victimes de la fièvre jaune

Une épidémie de fièvre jaune sévit à Abidjan depuis mai 2008. Le ministère à charge de la Santé et de l’Hygiène Publique a déclaré en début de semaine avoir détecté 19 cas de malades. Dans le même temps, et alors qu’une campagne de vaccination doit être lancée vendredi, un syndicat de médecins estime que l’épidémie a déjà fait plusieurs morts.

De notre correspondante en Côte d’Ivoire

C’est le flou autour de l’épidémie de fièvre jaune qui sévit à Abidjan depuis mai dernier. Le cabinet du ministre ivoirien de la Santé, le Dr. Allah Kouadio Rémy, soutient que les autorités ont recensé 19 cas de malades. Seulement, lundi 11 août 2008, d’un quotidien ivoirien, le Dr Amichia Magloire a brossé un tableau plus sombre.

Plus de deux millions de vaccins

« Il y a bel et bien eu des patients décédés, a déclaré le secrétaire général du Syndicat National des Cadres Supérieurs de la Santé de Côte d’Ivoire (Synacassci). S’il y en n’avait pas eu, le ministère de la Santé n’aurait pas déclaré Abidjan zone endémique et les moyens n’auraient pas été dégagés assez rapidement pour faire vacciner les populations. Je ne vais certes pas entrer dans la polémique mais les informations remontées au syndicat par les camarades ayant pris en charge les patients avancent le contraire. Il y a bel et bien eu des décès. »

La campagne de vaccination annoncée par le ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique doit démarrer le 15 août dans tout Abidjan. Deux millions trois cent mille doses sont disponibles pour démarrer cette campagne prévention, qui doit être menée avec l’aide de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Unicef. Le coût de l’opération, prévue pour durer deux semaines, se chiffre plus de 1,2 milliard de FCFA (environ 1,8 million d’euros).

Avant de lancer ce programme, le ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique a entrepris un projet de lutte contre l’insalubrité dans les hôpitaux pour éviter des infections nosocomiales. Le ministère a par ailleurs rassuré les populations des communes de Treichville et Cocody, déclarées zones endémiques. Selon le directeur adjoint de cabinet du ministère, 225 personnes résidant dans l’environnement immédiat des malades auraient déjà été vaccinées après détection de l’épidémie.