Côte d’Ivoire : l’espoir d’un tournant économique

Selon l’économiste, François-Régis Mahieu, s’exprimant dans Le Monde du 29 août, la Côte d’Ivoire connaîtrait un début d’indépendance économique et ce dans un contexte politique précaire.

Paradoxe ou analyse absurde ? François-Régis Mahieu, économiste, estime qu’il y a en Côte d’Ivoire « coïncidence entre la rupture politique, la nouvelle rationalité paysanne et la nouvelle politique économique « , dans un article paru aujourd’hui dans le supplément économique du quotidien Le Monde. En clair : au fond du gouffre l’économie ivoirienne se découvrirait des perspectives inespérées. L’argumentation de l’universitaire repose sur deux axes. Le premier étant la « nouvelle rationalité paysanne  » et le second l’ensemble des mesures de la politique économique actuelle.

Ce renouveau dans le monde paysan se manifeste par la création du Bureau ivoirien de café – cacao (BICC) dont les paysans détiendraient 55% des parts. La vente du café et du cacao constitue l’activité la plus lucrative de la Côte d’Ivoire. Les paysans qui cultivent ces produits devraient donc en bénéficier. Ceci n’a malheureusement pas toujours été le cas. La Caisse de stabilisation (CAISTAB), ancêtre du BICC, qui devait procéder à la distribution des fruits de l’exportation de ces produits aux paysans, a souvent dérogé à sa mission. Des détournements de fonds ont entaché la crédibilité de cette structure. Le BICC, compte tenu de son organisation, devrait par conséquent permettre aux agriculteurs de servir leurs propres intérêts.

Un optimisme précoce

Le deuxième pilier de son argumentation repose sur les récentes orientations de l’actuelle politique économique. Politique économique qui comporte une réduction de 25% des dépenses courantes non prioritaires. Elle comprend aussi une politique d’imposition qui concerne la taxe foncière, la taxation sur la valeur ajoutée s’étendant aux moyennes entreprises. Par conséquent, l’Etat s’assure de nouvelles ressources financières.

François-Régis Mahieu conclut que ces changements sont irréversibles et ce, au-delà de la période transitoire. C’est malheureusement la transition politique que vit en ce moment la Côte d’Ivoire qui réduit la portée de son propos. La pérennité de l’impulsion donnée suppose qu’il y ait une continuité dans le respect des mesures économiques adoptées. Continuité et transition sont souvent antinomiques. Les paysans ivoiriens ne donnent pas encore l’impression de rayonner de satisfaction. L’éducation, et par conséquent l’Université d’Abidjan, est concernée par la coupe budgétaire de 25%. L’aboutissement, de fait, à une indépendance économique suppose, entre autres, la formation d’individus capables de la gérer.