Comores : le Karthala gronde

Le volcan en plein coeur de Grande Comore est entré en activité. L’irruption serait imminente. Mais à l’observatoire géologique, on ne se veut pas alarmiste.

Ca fume au-dessus du Karthala. Le fameux volcan comorien culminant à 2361 mètres d’altitude est entré en activité. Interrogé par Afrik, l’Observatoire volcanologique de Karthala (CNRDS), indique que l’activité sismique autour du volcan atteindrait parfois 57 secousses par jour. « C’est préoccupant, mais je ne suis pas alarmiste. En 1991, date à laquelle il y a eu une irruption phréatique, nous avons enregistré jusqu’à 1000 secousses par jour « , explique le géophysicien Naoildine Houmadi.

Sismomètre volé

Selon le site Internet d’informations générales sur les Comores, MweziNet, les autorités ont été averties des risques d’irruption, mais elles ont préféré taire l’information pour ne pas créer de panique. Pire : le sismomètre permettant de localiser l’épicentre du séisme aurait été volé à proximité du cratère. Le CNRDS affirme avoir en effet  » transmis l’information aux autorités compétentes « . Quant au vol du sismographe, « ce n’est pas la première fois que ça arrive, reconnaît M Houmadi. Nos appareil peuvent comporter des éléments très intéressants comme des capteurs solaires. Mais désormais nous possédons tout le matériel nécessaire pour suivre le comportement du volcan « .

A Radio Comores, l’information vient juste de parvenir aux oreilles du rédacteur en chef, Mohamed Hassanimlatamou : « Je peux vous assurer que je n’ai pas reçu la moindre instruction pour ne pas diffuser cette information. Je peux même vous dire qu’un vent de panique gagne la population proche du volcan. L’irruption pourrait bien avoir lieu aujourd’hui. D’ailleurs j’y vais sur le champ ».

La dernière irruption du Karthala s’est manifestée sous forme phréatique. En clair : le sommet à explosé sans produire la moindre coulée de lave. Le CNRDS admet que de par sa jeunesse (l’observatoire n’a été crée qu’en 1986), il lui est difficile de fournir des  » prévisions sur les mouvements de lave « .

L’essentiel de la population de Grande Comore où est situé le volcan, vit sur le côtes. Mais il est clair que la lave peut descendre jusqu’à la mer. Si les deux formes d’irruption sont tout potentiellement aussi dangereuses, celles de 1991 n’avait pas fait une seule victime.