Chute du prix du mouton au Burkina

Les éleveurs de moutons de Bobo-Dioulasso font face à une baisse des prix à cause du bétail qu’ils n’arrivent pas à écouler vers la Côte d’Ivoire en crise. Une situation qui ne semble guère réjouir les consommateurs même à la veille de la Tabaski.

Le prix du mouton est en baisse au Burkina Faso. Motif : les éleveurs burkinabés ne peuvent plus écouler leur bétail en Côte d’Ivoire car la frontière ivoiro-burkinabé est fermée depuis que les rebelles occupent une partie du pays. Le surplus de bétail est responsable de cette tendance du marché du mouton.  » Le prix du mouton enregistre une diminution dans le pays mais plus particulièrement dans les villes de Bobo-Dioulasso, Ban fora et Nyiragongo Il est passé de 40 000 à 25 000 F CFA (de 61 à 38 euros). », affirme t-on à la direction provinciale du ministère des Ressources animales à Bobo-Dioulasso.

A la veille de la Tabaski (l’Aïd-el-Kebir : la grande fête du mouton), les consommateurs ne semblent pourtant pas en mesure d’apprécier cette aubaine. « Le secteur informel est prépondérant dans l’économie de la ville de Bobo et la crise ivoirienne paralyse cette branche. De plus, Il y a peu de fonctionnaires, donc peu de salaires fixes. D’où un pouvoir d’achat limité de la population. », explique Bakary Alexandre Sanou, le premier adjoint au maire de Bobo-Dioulasso. Et la filière du mouton n’y fait pas exception. « Les éleveurs saisonniers qui attendaient la Tabaski pour liquider leur troupeau errent dans la ville à la recherche de clients. Notre ville reste la plus touchée par les remous politiques qui secouent notre voisin », insiste ce dernier.

Triste Tabaski pour les éleveurs burkinabés

Pour limiter les dégâts, les éleveurs burkinabés ont mis en place des solutions alternatives. Ainsi certains d’entre eux profitent de ce que la frontière entre le Ghana et la Côte d’Ivoire soit ouverte pour acheminer le bétail vers cette dernière. Un détour qui coûte néanmoins cher. Ceux de Ouagadougou, quant à eux, exportent leurs produits vers le Togo.

Avec le Mali, le Burkina Faso représente l’un des principaux fournisseurs de bétail de la Côte d’Ivoire. Au total c’est l’économie burkinabé dans son ensemble qui souffre du conflit ivoirien.