Centrafrique : la peur a changé de camp à Bangui !

C’est la psychose chez les rebelles séléka en Centrafrique. Depuis l’annonce par la France de troupes pour sécuriser le pays, les séléka font leurs valises et tentent de trouver une nouvelle terre d’accueil après bien évidemment une reconversion.

Il ne serait pas étonnant de voir les marchés de la Centrafrique grouiller de nouveaux commerçants. Ce sera sans doute le résultat de la reconversion massive de nombreux rebelles séléka qui ne veulent plus s’adonner à leur jeu favori, le pillage, les viols et autres exactions, depuis que la France a annoncé l’envoi de troupes sur place.

Un nouvelle psychose règne en Centrafrique. Ce ne sont plus les populations qui vivent la peur, mais les rebelles séléka. Ils veulent tout, sauf avoir affaire aux forces de défense françaises qui commencent à acheminer leur matériel vers le pays. Selon des témoignages recueillis par l’AFP, les séléka quittent Bangui. « De tous les quartiers, les mêmes informations remontent : des séléka s’en vont, ils quittent Bangui (…). Impossible pour autant de chiffrer ces départs, ils se font surtout de nuit quand la ville est sous couvre-feu », explique à l’AFP un haut diplomate occidental en poste en Centrafrique, sous le couvert de l’anonymat.

Le constat d’un responsable d’une organisation humanitaire est que le mouvement de « migration » a débuté dès que la France a annoncé officiellement qu’elle envoyait des renforts en Centrafrique pour épauler la force africaine déployée dans le pays et que ses troupes interviendraient dès le vote, attendu dans les prochains jours, d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, indique l’AFP. « En quelques jours, toutes les agressions ont cessé, alors que depuis début novembre la ville était livrée à une nouvelle vague de criminalité », constate ce responsable humanitaire, oeuvre d’hommes issus des rangs de la coalition rebelle Séléka qui a renversé en mars le régime du président François Bozizé.

Le site indique que les parachutistes français chargés de tenir l’aéroport et de préparer une éventuelle évacuation des ressortissants européens dans le cadre de l’opération Boali se font, eux, au contraire, de plus en plus visibles avant l’arrivée des renforts. A bord de leurs blindés, ils multiplient les patrouilles dans une ville bien connue de l’armée française, où la peur a visiblement changé de camp.