Centrafrique : l’ONU appelle à une action plus musclée contre les groupes armés

Le Haut Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU a appelé vendredi à une approche « bien plus robuste » contre les groupes armés qui sévissent en toute impunité dans plusieurs régions de la Centrafrique.

L’ONU hausse le ton contre les groupes armés qui agissent en toute impunité en Centrafrique. Le Haut Commissaire aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a appelé, vendredi à Bangui, la capitale centrafricaine, à une approche « bien plus robuste » contre les groupes armés qui sévissent en toute impunité dans plusieurs régions de Centrafrique, continuant de commettre de nombreux crimes. « Je pense qu’il faudrait une approche bien plus robuste envers ces groupes armés, afin qu’ils commencent à comprendre qu’ils ne peuvent pas impunément bafouer l’état de droit quand, où et comme ils le souhaitent », a-t-il déclaré dans une déclaration à la presse, dans la capitale centrafricaine.

Le responsable déplore que « les dirigeants les plus connus, qui ont tant de sang sur les mains, ne sont ni arrêtés, ni poursuivis, ni jugés, ni condamnés », appelant « au renforcement de la Mission des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA) afin quelle puisse faire un usage plein et entier du mandat fort du Chapitre 7 qui lui a été conféré par le Conseil de sécurité ». Pour lui, « les Etats qui ont promis mais pas encore fourni le total des contingents militaires et policiers aux forces de maintien de la paix de l’ONU, ni les équipements vitaux comme les hélicoptères d’attaque, devraient intensifier leurs efforts car ils font cruellement défaut ».

Zeid Ra’ad Al Hussein Zeid estime aussi que « le désarmement devrait être une priorité absolue. Les criminels et meurtriers notoires doivent être traduits en justice, quel que soit le groupe auquel ils appartiennent. Mais pour que cela arrive, il faut que les gouvernements présents et futurs ainsi que leurs soutiens internationaux, dont ma propre organisation, accroissent leurs efforts pour mettre en place une justice qui fonctionne ».

Depuis la chute de François Bozizé, la Centrafrique est plongée dans un profond chaos. Malgré la présence des troupes françaises, de la force africaine ou encore celle de l’ONU, les groupes armés font toujours la loi, notamment dans l’arrière pays où ils commettent de nombreuses exactions en toute impunité.