Centrafrique : Bozizé sur la voie de la présidence

Selon les résultats partiels donnés par la Commission électorale mixte indépendante, le général Bozizé arrive en tête du second tour de la présidentielle centrafricaine de dimanche, avec 69,21% des voix. Malgré des cas d’intimidation relevés par l’opposition, les observateurs internationaux s’accordent à dire que le scrutin s’est déroulé dans des « conditions satisfaisantes ».

Pour une fois, les urnes décideront-elles à la place des armes en Centrafrique ? Les Centrafricains espèrent bien que la présidentielle, dont le second tour s’est déroulé dimanche, mettra fin à la série des neuf coups d’Etat qui ont marqué le pays depuis son indépendance en 1960. Le général François Bozizé, ancien chef d’état-major d’Ange-Félix Patassé, qui a pris le pouvoir à Bangui en mars 2003 à la tête d’une rébellion armée, pourrait aujourd’hui totalement légitimer son régime. En effet, selon des résultats, encore « bruts et partiels », comme l’a annoncé le président de la Commission électorale mixte indépendante (Cemi), il arrive en tête du second tour de la présidentielle de dimanche.

Après dépouillement de 5 des 8 arrondissements de Bangui, la capitale, soit 80 921 suffrages, le chef de l’Etat sortant obtiendrait 56 011 des voix (69,21%), contre 24 870 à son adversaire Martin Ziguélé, candidat du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), le parti de Patassé. Martin Ziguélé est également l’ancien chef de gouvernement d’Ange-Félix Patassé, actuellement en exil au Togo. Pour le moment, le taux de participation est estimé à 63%, alors qu’il avait dépassé les 70% lors du premier tour. Lors de ce premier tour, le 13 mars dernier, le général Bozizé avait recueilli 43% des suffrages, contre 23,5% à Martin Ziguélé et 16% à l’ancien Président André Kolingba.

Grand favori

Selon les observateurs internationaux présents lors des deux scrutins, ceux-ci se sont déroulés dans des « conditions satisfaisantes » et « dans le calme et la sérénité ». Du côté de l’opposition, on dénonce pourtant la présence de militaires durant le dernier scrutin ainsi que des cas d’intimidation et de tentatives de fraudes, qualifiées par les observateurs de « mineurs ». Les premiers chiffres du second tour annoncés par la Cemi n’ont pas surpris : François Bozizé partait grand favori de cette élection. Même si la population aspire à un gouvernement civil, le général est considéré par les Centrafricains comme « l’homme qui a ramené la paix dans le pays ». Suite à son bon score du premier tour, parmi les dix candidats en lice, plusieurs ont appelé à voter pour lui. Seul André Kolingba, qui a contesté les résultats, n’a pas donné de consigne de vote.

Cette présidentielle est couplée avec des élections législatives. Les électeurs (qui sont 1,5 million sur 3,5 millions d’habitants) doivent pourvoir les 85 des 105 sièges qui restent vacants au Parlement. La position des partisans de François Bozizé s’y annonce plus délicate et les résultats devraient être connus en début de semaine prochaine.