Cameroun : rapt du père Georges, la piste Boko Haram se précise

Enlevé jeudi au nord du Cameroun, le prêtre français Georges Vandenbeusch serait déjà au Nigeria. Selon Yaoundé, Boko Haram serait à l’origine du rapt.

Le prêtre français Georges Vandenbeusch, enlevé dans la nuit de mercredi à jeudi au nord du Cameroun, dans un monastère, serait actuellement déjà au Nigeria, selon les autorités camerounaises. Pour Yaoundé, c’est le groupe terroriste nigérian Boko Haram qui serait à l’origine du rapt. « Cet acte porte leur signature. C’est une forte probabilité mais nos services de renseignements y travaillent pour en avoir le cœur net », selon porte-parole du gouvernement camerounais, précisant que l’enlèvement avait été commis par une « dizaine de personnes lourdement armées ».

Selon une radio locale camerounaise, les papiers d’identité du religieux français ainsi qu’une valise vide auraient été retrouvés par les enquêteurs sur le chemin emprunté par ses ravisseurs. Le parquet de Paris a ouvert une enquête jeudi pour « enlèvement en relation avec une entreprise terroriste ».

« Ils l’ont emmené vers le Nigeria »

Plus tôt dans la journée, plusieurs témoins de l’enlèvement du père Georges avaient déjà fait état de la fuite des ravisseurs et de leur otage au Nigeria. D’après le père Henri Djongyang, les ravisseurs « l’ont emmené dans la direction du Nigeria ». Sœur Françoise a, quant à elle, indiqué qu’il « se trouvait chez lui dans l’enceinte de la paroisse lorsqu’il a été kidnappé. Les ravisseurs s’exprimaient en anglais. Il nous a semblé qu’ils étaient venus à pied. Nous n’avons pas entendu de bruit de voiture. Ils ne portaient pas de cagoules et ils nous ont demandé de l’argent ».

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a indiqué n’avoir aucune précision sur l’identité des ravisseurs. « On est en train de préciser les circonstances de son enlèvement, essayer de retrouver qui l’a enlevé et tous les moyens sont déployés pour essayer de le retrouver et de le libérer », a indiqué Laurent Fabius. « Il estimait devoir rester. Il lui avait plusieurs fois été précisé que c’était une zone dangereuse et on lui avait recommandé expressément de ne pas y rester, mais il avait estimé qu’il devait y rester », a ajouté le chef de la diplomatie française.

Le président français François Hollande a, pour sa part, appelé les ressortissants français à « ne rien faire qui puisse mettre en danger leur vie ».