Cameroun : le Covid-19 met les producteurs de tomates en larmes

La tomate, fruit particulièrement facile à cultiver, pouvant être aussi bien planté en pot qu’en pleine terre, et qui s’adapte à tous les climats, a fini par attirer beaucoup de personnes, issues de toutes les couches de la société camerounaise. L’apparition de la pandémie à Coronavirus a toutefois mis le secteur à genoux, créant ainsi un manque à gagner incalculable chez les producteurs de tomate sur toute l’étendue du territoire camerounais.

Le Cameroun dispose de cinq zones agro écologiques, riches par leur potentiel agricole et surtout par les caractères physico-chimiques du sol. Les terres riches acceptent une diversité de culture pour des rendements meilleurs par unité de production. La tomate est un fruit riche en vitamines, constituant un ingrédient essentiel dans les mets. La maîtrise des techniques de production permet aux producteurs camerounais de satisfaire le marché intérieur et même de procéder à des exportations vers des pays limitrophes tels que le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Tchad, le Nigeria et aussi le Niger.

Toutefois, le véritable problème se trouve au niveau de la période post-récolte. Etant facilement périssable, à la fin de son cycle, la production de tomates doit rapidement être acheminée sur le marché.

La tomate fait partie des légumes les plus consommés dans le monde et particulièrement au Cameroun, avec une consommation moyenne de 42 kg/habitant/an. Le mois de décembre, les tomates ont inondé tous les marchés de la ville de Douala. Qu’est-ce qui peut bien expliquer une si forte production déviant les objectifs des producteurs au moment de la commercialisation ?

Pour les mois de septembre, octobre et novembre 2017, il était difficile pour les ménages, les restaurants de se procurer des tomates sur les différents marchés de Douala. En effet, quatre moyennes tomates étaient vendues aux prix de 500 FCFA en détail et en cageot 15 000 FCFA dans les marchés « Sandaga, PK 14, Dakar et New Deido ». Les échanges commerciaux entre le Cameroun et les pays voisins sont à l’origine de la hausse des prix car la demande est supérieure à l’offre.

Un phénomène nouveau a toutefois vu le jour, depuis le mois de décembre 2017, et se ressent jusqu’à l’heure actuelle : les marchés de Douala sont inondés de tomates. C’est la saturation totale. Et selon les petits commerçants, la vente ne se porte pas bien. L’abondance des tomates sur les marchés s’expliquent par la fermeture des frontières, particulièrement les gros acheteurs (Gabon et Guinée Equatoriale). La libre circulation stoppée des produits déséquilibre la chaîne de commercialisation ; les producteurs et commerçants sont obligés de baisser les prix pour éviter les pertes liées aux pourritures.

Un véritable casse-tête auquel font face les producteurs camerounais qui, dans l’optique de maximiser les recettes, doivent impérativement tendre vers la création d’une usine de transformation des  tomates en sous-produits. Ce qui leur permettra de limiter les pertes post récolte et de minimiser le stress lié à la commercialisation.