Cameroun : La politique doit être une Pensée fondatrice de la paix, fille de la tolérance, du dialogue et de pardon

L’Honorable Bapooh Lipot Robert, Secrétaire général de l’Union des populations du Cameroun (UPC), a saisi l’opportunité à lui offerte par la célébration du 71è anniversaire de son Parti le 10 avril 2019 à Douala, afin de s’entretenir avec les hommes et femmes de média. C’est avec grand plaisir qu’il se prête aux préoccupations d’Afrik.com.

Afrik.com : L’Hon. Bapooh Lipot Robert, pour la gouverne de nos lecteurs, pouvez-vous nous présenter votre parti politique dénommé : « UPC » ?

Bapooh Lipot : C’est au nom d’une idée d’un Cameroun, libre, uni et souverain, que le 10 avril 1948 à Douala, Ruben Um Nyobe, Charles Assalé, Jacques Ngom, Jacques René Bidoum, Joseph Raymond Etoundi, Léonard Bouli, Manga Mado, Léonard Moumé Etia, Georges Yémi, Emmanuel Yap, Guillaume Hondt, Théodore Ngosso, s’étaient réunis pour créer l’Union des Populations du Cameroun (UPC), l’âme immortelle du peuple camerounais. Ces pères fondateurs sans se référer à leur appartenance ethnique, avaient une seule volonté : Agir ensemble pour une vie politique camerounaise plus soucieuse de l’Unité nationale, de l’intégrité de notre territoire et du développement du Cameroun.

Afrik.com : Que revêt pour vous la commémoration du 71è anniversaire de l’UPC ? Avez-vous un message particulier à adresser aux camerounais ?

Bapooh Lipot : Aujourd’hui, nous célébrons le courage et l’esprit de sacrifice des Pères fondateurs de l’UPC. Au moment où certains compatriotes, adeptes de la prise du « Pouvoir par tous les Moyens» rêvent d’une déstabilisation certaine du Cameroun, alors que les passions l’emportent de plus en plus sur l’éthique et la raison, le Parti Historique, l’Ame Immortelle du Peuple Camerounais, invite chaque camerounais à bannir en lui les germes de l’esprit de vengeance, de l’humiliation, de l’amertume, de tribalisme primaire, pour s’ouvrir aux vertus du dialogue et du pardon. L’Union des populations du Cameroun appelle les populations camerounaises à plus de vigilance et de fermeté quant à la sauvegarde de l’unité, l’indivisibilité, la paix et la prospérité du Cameroun. L’UPC appelle au respect total des institutions de la République et de ceux qui l’incarnent. Nous sommes condamnés à vivre ensemble. On est ensemble. Il ne faut pas sacrifier cette identité remarquable de notre peuple à l’autel d’une politique qui met l’accent sur la culture de la haine et de l’extrémisme. Il faut un sursaut d’orgueil pour attester que le Cameroun est notre bien commun. Ne tombons pas dans le pessimisme-imposé. Cette arme de ceux qui veulent s’accaparer des richesses de notre pays et n’envisagent nullement le développement de notre Nation. Ce pays nous appartient et soyons très jaloux de notre souveraineté.

Afrik.com : Votre point de vue sur la situation politique et sécuritaire au Cameroun en 2018.

Bapooh Lipot : L’année 2018 a été décisive pour l’avenir de notre Nation. Sur le plan politique, le peuple camerounais dans son ensemble s’est rendu aux urnes et a en toute souveraineté choisi un de ces dignes fils à la tête de nos institutions en la personne du Président Paul Biya. Sur le plan sécuritaire, nos forces de défense et de sécurité se sont attelées à vaincre la secte Boko Haram. Elles restent mobilisées sur des multiples fronts pour l’intérêt supérieur de notre Nation. Leur professionnalisme et la détermination à sauvegarder la souveraineté de nos institutions et l’intégrité de notre territoire, ne sont plus à démontrer.

Le danger est là. La dévaluation voire l’instrumentalisation de la politique sous les prismes de la soif du pouvoir, tend de plus en plus à transformer la scène politique camerounaise en une véritable jungle. Nous constatons avec regret que sous le joug des discours et actions politiques, les partis politiques se transformant en de véritables îlots de culture de l’ethnocentrisme, les camerounais se regardent de plus en plus en meutes de loups prêts pour la bataille finale.

Afrik.com : l’UPC, c’est connu de tous, est un Parti avant-gardiste dans la sauvegarde de l’unité, de la paix sociale et du développement du Cameroun. Cet engagement est-il une option de circonstance ?

Bapooh Lipot : Cet engagement de l’UPC n’est pas une option de circonstance. Nous sommes dans la constance de la confiance aux options de nos institutions quant à la nécessité de combattre les forces extrémistes et terroristes d’obédience religieuse ou politique, moderniser notre pays tant sur le plan institutionnel, social, politique qu’économique. Cette vision du Cameroun exige beaucoup d’abnégation et de dialogue entre les camerounais. C’est au nom de cette conviction et la confiance en nos institutions républicaines que nous avons toujours demandé aux Upcistes et partant à tous les citoyens camerounais, de mener le combat politique moderne avec le Nouvel esprit politique. Celui-là qui cadre avec les exigences institutionnelles. L’UPC contemporaine que nous représentons respecte nos institutions, notre gouvernement et tous ceux qui dans nos administrations s’attèlent chaque jour, à faciliter l’atteinte des objectifs de développement de notre Nation.

Dans un contexte pollué par les sirènes de l’imposture et les groupes qui s’arrogent divers titres et statuts pour semer le doute dans l’esprit de nos compatriotes, nous préférons jouer cartes sur tables en réitérant que l’UPC sera toujours respectueuse de la légalité républicaine et des institutions y afférentes. C’est cette vertu de respect de la légalité républicaine et de ceux qui l’incarnent qui doit impérativement servir de base voire de repère à toute la classe politique camerounaise aujourd’hui.

Afrik.com : Un mot à l’endroit des dignes descendants des Pères fondateurs (militants et militantes)…

Bapooh Lipot : En tant que Secrétaire général de l’UPC, je m’engage à respecter les orientations assignées au parti historique par le très regretté Secrétaire général Augustin Frédéric Kodock, à savoir la rupture avec l’option révolutionnaire. L’UPC doit rester un parti historique prêt à rentrer dans les institutions républicaines, afin de participer activement au développement du Cameroun. Par ailleurs, tout en évitant les extrémismes de tout genre, l’UPC a le devoir de protéger son identité afin que notre parti soit toujours considéré comme la référence de la lutte pour la sauvegarde de la dignité des populations camerounaises. L’UPC sous notre conduite, a besoin en son sein, de tous ses courants. La modernisation de notre parti doit profiter de l’expérience de ses vétérans, mais surtout de la vitalité des jeunes cadres. Chaque jour nous nous donnons la tâche de construire cette harmonie entre les témoins de l’histoire de notre parti et la jeunesse. La jeunesse doit gagner les futures élections municipales et législatives avec l’UPC. Cette option assigne à la jeunesse, un nouveau statut dans le cadre du rayonnement des valeurs républicaines et démocratiques. Par rapport aux défis et enjeux qui nous interpellent, la jeunesse doit être en avant-garde pour porter le message de l’UPC au peuple camerounais dans nos villages et nos villes. Le moment est venu d’unir nos forces pour relever les défis majeurs de notre Parti.