« Calypso at Dirty Jim’s » : aux origines du Calypso

La réalisatrice camerounaise, Pascale Obolo, vous emmène à la découverte du Calypso, dans son l’île originelle de Trinité-et-Tobago, grâce au documentaire musical Calypso at Dirty Jim’s sorti en juillet dernier. Bomber, Relator, Mighty Sparrow, Lord Superior, Mighty Terror et Calypso Rose, les dernières grandes figures de ce courant musical, entre paroles et musique, y décryptent un rythme en perdition chez lui, mais qui continue de faire danser le monde entier.

L’Américain Harry Belafonte en a été l’illustre ambassadeur à travers le monde. Les Français Henri Salvador et Arielle Dombasle, avec sa version de Rum & Coca Cola (Rhum and Coca Cola), dont son auteur Lord Invader a mis une dizaine d’années pour récupérer ses droits, et tout récemment le groupe de ska anglais Madness nous ont fait (re)découvrir à leur manière (le) Calypso. Cette musique qui nous vient tout droit de l’île de Trinité-et-Tobago. A travers le documentaire Calypso at Dirty Jim’s , sorti en juillet dernier, la réalisatrice camerounaise Pascale Obolo, encouragée par Jean-Michel Gibert de la maison de production trinidadienne Maturity Music Limited, nous emmène à la découverte des dernières grandes figures de cette musique qui a conquis le monde entier et dont de nombreux musiciens s’inspirent encore aujourd’hui.

Rendre hommage aux dieux vivants du calypso

Entraîné par les souvenirs d’Holly Betaudier, le premier Trinidadien que l’on entendra sur les ondes radiophoniques de l’armée américaine, on retrouve des lieux mythiques comme le Dirty Jim’s Swizzle, le club très chaud où le calypso était roi, ainsi que ses célèbres interprètes. Bomber, Relator, Mighty Sparrow, Lord Superior, Mighty Terror et la reine du Calypso, Calypso Rose, survivants de cette époque « bénie », témoignent tout au long du film de la richesse de cette musique qui se meure sur l’île. Faute d’être reprise par les radios locales qui font la part belle à la musique américaine et jamaïcaine au détriment des musiques traditionnelles locales. Néanmoins les concours qui rassemblent tous les maîtres du calypso et le célèbre carnaval de l’île restent l’occasion privilégiée de renouer avec ce rythme, notamment pour les jeunes qui le négligent. Le calypso ou kaiso, qui est devenu au fil du temps un mélange savoureux de critiques politico-sociales et de propos coquins sur un rythme en deux temps, est né à Port of Spain, la capitale de l’île au 19 e siècle. Elle servait de musique de fond à des joutes dansées dont les acteurs s’affrontaient avec des bâtons.

Pour Pascale Obolo, il était important de faire ce film avant que les dernières icônes du calypso ne disparaissent. « Trinidad est une île qui m’a toujours intéressée, je m’y étais rendue, pour la première fois, il y a 8 ans pour le carnaval. Je me suis, en tant qu’africaine, sentie concernée par cette musique par le biais de laquelle les esclaves exprimaient leurs revendications ». Un militantisme que perpétuent les jeunes avec des genres musicaux comme le 3 canal et le rapso. Ou encore, le soca (contraction de soul et de calypso), même si dans ce dernier cas « il n’y a plus cette richesse dans le texte », note la réalisatrice. En dépit également du conflit de générations qui les oppose aux calypsoniens de la première heure qui ont leur idée sur ce que devrait être le calypso. Les pionniers restent pourtant convaincus que l’avenir de cette musique, qui a bercé toute leur vie, est entre les mains de la jeunesse. En attendant, si vous voulez en savoir un peu plus sur le calypso, vous procurer le film en DVD, ainsi que la musique sur CD qui l’accompagne, constitue un premier pas dans la bonne direction.

Commander le film documentaire Calypso at Dirty Jim’s de 85 mn en DVD et le CD éponyme