Calais : pour protester, des migrants se cousent la bouche

Pour protester contre le démantèlement de la jungle de Calais, en France, huit migrants iraniens se sont cousus les lèvres avec des aiguilles et du fil.

Les fais se sont déroulés mercredi 2 mars 2016, en France. Pour dénoncer la destruction de leur cabane dans le bidonville en cours de démantèlement, huit migrants iraniens se sont cousus les lèvres.

Brandissant des pancartes « We are humans » pour dire « Nous sommes des humains » ou encore « Where is your democracy? Where is our freedom? », en clair « Où est votre démocratie? Où est notre liberté? », les manifestants ont brièvement défilé dans une des allées de la « jungle ». De l’avis d’Olivier Marteau, responsable de Médecins sans frontières, les migrants ont demandé aux médecins de leur coudre la bouche. Ce que les blouses blanches ont « bien sûr refusé ». Ajoutant que les migrants contestataires « ont fait ça eux-mêmes de façon peu sanitaire, en stérilisant des aiguilles en les chauffant ».

Ce geste de protestation intervient après le démantèlement partiel du bidonville où s’entassent entre 3 500 et 7 000 migrants, surtout des Syriens, des Afghans et des Soudanais. Plusieurs cabanes ont été détruites au bulldozer, dont celle de ces Iraniens qui ont réagi en se cousant la bouche. Le gouvernement français a toutefois fait des propositions de relogement dans l’un des 102 centres d’accueil et d’orientation répartis sur l’ensemble du territoire. Sauf que l’objectif de la majorité des migrants n’est pas de rester en France, mais de migrer vers le Royaume Uni.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, dans un communiqué, la Préfecture du Pas-de-Calais a indiqué que « la préfète a été informée des conditions dans lesquelles deux migrants ont choisi de se mutiler en se cousant les lèvres. De tels faits ne peuvent que susciter une profonde émotion et tout sera mis en œuvre pour que ces personnes soient prises en charge pour recevoir des soins appropriés ». Quant aux migrants qui se sont mutilés, Médecins sans frontières « s’attend à les recevoir bientôt en consultation médicale ».