Burundi : des législatives sans l’opposition

Les leaders des douze principaux partis de l’opposition burundaise, regroupés au sein de l’Alliance démocratique pour le changement (ADC), ont annoncé, mercredi, leur décision de boycotter les élections législatives prévues en juillet. Les fraudes et le rejet des résultats des élections communales du 24 mai sont à l’origine de cette décision.

L’Alliance démocratique pour le changement (ADC), qui rassemple les douze partis principaux de l’opposition burundaise, s’est retirée mercredi de la liste électorale pour les législatives prévues en juillet. La coalition justifie sa décision par les fraudes qui ont entachées les communales du 24 mai dernier et demandent la dissolution de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

« Dans les conditions actuelles, nous n’allons pas nous présenter à la future mascarade qu’ils appellent élections législatives », a déclaré Léonard Nyangoma, porte-parole de l’ADC, à l’AFP. L’annonce est intervenue au moment où la Ceni a annoncé que le délai prévu pour le dépôt des listes de candidatures serait prolongé jusqu’au 27 juin. Il devait initialement prendre fin ce mercredi.

Les communales, la pomme de discorde

Les opposants burundais ont déjà boycotté le scrutin présidentiel du 28 juin prochain qui ne compte qu’un seul candidat, le président sortant Pierre Nkurunziza, suite au retrait de six candidats de l’opposition. Les membres de l’ADC ont déclaré mercredi qu’ils ne reconnaitraient « jamais un prétendu Président de la République, mis en place par ces montages électoraux anticonstitutionnels et illégaux qui sont en train d’être mis en avant par la Ceni et le Parti au pouvoir ».

Les résultats des communales, vivement contestées, ont plongé le Burundi dans un climat de tension qui s’intensifie à la veille des élections présidentielles.