Burundi : découverte d’un trafic de jeunes esclaves sexuelles


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Les Burundais sont en état de choc. Et pour cause, un trafic de jeunes esclaves sexuelles datant vraisemblablement de 2008 a été découvert. La police des mineurs burundaise a appelé ce lundi à la synergie des actions dans la lutte contre ce fléau.

Florence Boivin Roumestan, présidente d’une fondation d’origine canadienne, qui se prénomme Justice et équité, a dénoncé un trafic humain sexuel qui touche essentiellement des jeunes filles mineures sur tout le territoire de la Burundi. Un fléau qui selon la police existe depuis des années dans le pays.

Un gigantesque trafic de jeunes esclaves sexuelles

Selon Florence Boivin Roumestan qui a mené une enquête au Burundi sur le sujet, il s’agit d’un trafic humain sexuel d’une ampleur inégalée. Ainsi, des jeunes filles âgées entre 10 et 16 ans sont recrutées dans les villages les plus pauvres du pays, avant d’être ramenées en ville pour y être placées dans des maisons closes. De plus, le réseau qui a mis en place ce trafic, a pris également pour cible les jeunes lycéennes qui sont approchées par des rabatteurs, souvent des camarades de classe. Des révélations qui ont profondément choqué la société burundaise. Toutefois, ces révélations ont été confirmées ce lundi par la commandante de police burundaise. « Ce que la dame a dit est vrai. Mais ce n’est pas nouveau. C’est un phénomène qui est là depuis quelques années », a précisé la colonelle Christine Sabiyumba. Elle a également expliqué comment tout cela est « bien organisé », notamment avec des groupes de jeunes lycéennes que l’on trouve dans tous les quartiers de la capitale burundaise.

Travailler en synergie pour éradiquer ce fléau

Afin d’éradiquer ce fléau, Christine Sabiyumba a interpellé l’administration locale, les directions des écoles, les parents ainsi que les médias à travailler en synergie. Elle a également demandé aux autorités judiciaires de ne pas relaxer les malfaiteurs attrapés en flagrant délit. « En 2002, soixante femmes et enfants burundais ont été récupérés par Interpol au Kenya ; ils étaient supposés avoir du travail à Nairobi, mais étaient sur le point d’être vendus en Australie. Il y a eu aussi le cas de filles burundaises qui devaient aller à une rencontre spirituelle en RD Congo et qui ont été vendues à Oman. Trois se sont échappées, mais du fait de la peur, ont refusé de témoigner », a expliqué Florence Boivin Roumestan, lors de la restitution de l’étude. Une coalition a été créée sous le label « Déracinons le trafic humain au Burundi ». Elle vise à sensibiliser et mobiliser les acteurs de la société burundaise afin de mettre un terme à ce trafic.

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