Burundi: début du scrutin législatif et municipal sous tension

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Les électeurs burundais sont appelés au vote, ce lundi, pour élire leurs représentants municipaux et les députés de l’Assemblée nationale. L’opposition a appelé au boycott des élections. La tension est vive après les violences qui ont secoué la capitale burundaise, ce week-end.

Le Burundi doit élire, ce lundi 29 juin 2015, ses représentants municipaux et les députés de l’Assemblée nationale. De nombreux bureaux de vote ont ouvert en retard. Des coups de feu ont été entendus dans la capitale, Bujumbura. L’opposition a décidé de boycotter le scrutin pour s’opposer à la candidature à un troisième mandat du Président Pierre Nkukurunziza qu’elle juge anticonstitutionnelle.

Explosions de grenades

Des tirs et des explosions de grenades ont éclaté, ce lundi, à l’ouverture du scrutin, alors que durant tout le week-end, la capitale a été le théâtre d’actes de violence. Dimanche, un homme aurait succombé à ses blessures après avoir reçu plusieurs balles tirées par la police, selon le chef du quartier Jabe de Bujumbura, André Niyongere, rapporte Anadolu Agency. Les heurts se sont poursuivis, dans la nuit de dimanche à lundi, dans les quartiers de Buyenzi, Kanyosha et Musaga.

La police est présente en nombre autour des bureaux de vote. Des fouilles sont quasi systématiquement effectuées à l’entrée par les forces de l’ordre, dans les quartiers les plus touchés par la contestation.

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Fouille systématique des électeurs avant le vote dans le quartier de Jabe (Crédit photo: SOS média Burundi)

Après l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Union Africaine a décidé de ne pas envoyer de mission d’observation électorale pour ce double scrutin, estimant que les conditions pour un bon déroulement du vote ne sont pas réunies. L’organisation panafricaine a demandé un report de ces élections et de la Présidentielle prévue le 15 juillet prochain.

Des élections reportées à deux reprises

Les élections législatives et municipales, qui devaient se tenir initialement le 26 avril, ont déjà été reportées à deux reprises : une première fois au 2 juin puis au 29 juin. Le pouvoir burundais a déclaré, à plusieurs reprises, craindre le vide constitutionnel. La Constitution du Burundi prévoit que l’élection présidentielle doit être organisée avant le 26 août au plus tard.

Le pays fait face, depuis le 26 avril dernier, à un mouvement de contestation contre la candidature à un troisième mandat du Président jugée illégale. Le camp présidentiel estime être dans la légalité, bien que la Constitution limite à deux le nombre de mandats du président de la République. Pierre Nkurunziza s’étant fait élire en 2005 par l’Assemblée nationale, au sortir des accords d’Arusha et réélire par la population en 2010, sa troisième candidature est valide pour le parti au pouvoir, le Cnddd-Fdd.

Ce dimanche, le président de l’Assemblée nationale, Pie Ntavohanyuma, s’est réfugié en Belgique et a dénoncé le « forcing électoral » du chef de l’Etat.