Burkina Faso : quand les hommes intègres en arrivent à manifester !

Le feu couve au Burkina Faso où le peuple s’est levé pour barrer la route à leur Président Blaise Compaoré qui semble prêt à tout pour arracher un autre mandat présidentiel.

Rien ne va plus au Burkina Faso, communément appelé « Pays des hommes intègres ». Le peuple est descendu dans la rue, ce mardi, pour dire au Président Blaise Compaoré de respecter la Constitution, et de ne pas se présenter à la prochaine Présidentielle. Sauf que Blaise Compaoré ne l’entend pas de cette oreille.

En effet, le dirigeant a enclenché le processus qui doit le maintenir au pouvoir, à travers la modification de l’article 37 de la Constitution burkinabè. Réuni en session extraordinaire, le conseil des ministres du Burkina Faso avait, mardi 21 octobre 2014, adopté un projet de loi portant révision de la Constitution pour permettre au Président Blaise Compaoré de se représenter à la Présidentielle de 2015 .

Le peuple burkinabè qui dit à Blaise Compaoré d’arrêter

Après l’adoption du conseil des ministres du 21 octobre, le dossier a été déposé le même jour au bureau de l’Assemblée nationale, « en vue de la convocation au référendum », indiquait Jérôme Bougouma, le ministre de l’Administration territoriale et de la sécurité. Le parlement devra voter le projet de loi portant modification de la Constitution à la majorité simple (64 voix sur 127). Un changement qui passera comme lettre à la poste dans la mesure où le parti du Président Compaoré, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), dispose à lui seul de 70 sièges.

Blaise Compaoré, 63 ans, au pouvoir depuis 27 ans, qui avait évoqué, en décembre, la tenue d’un référendum au sujet de l’article 37 de la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels et l’empêche de se présenter au scrutin de novembre 2015, s’obstine à être candidat. Ce que l’opposition n’a jamais accepté. Et aujourd’hui, c’est le peuple burkinabè qui dit à Blaise Compaoré d’arrêter.

Silence complice de la communauté internationale

Ce peuple connu pour son calme légendaire qui frise la soumission, qui a laissé libre choix à Compaoré de gouverner le pays pendant 27 longues années, sans partage, est descendu dans la rue. Ils étaient des milliers à déferler dans les rues de Ouagadougou, hommes, femmes, jeunes, vieux,… pour ramener celui qui est pourtant le plus grand « médiateur » d’Afrique, à la raison. En vain, semble-t-il, car Blaise Compaoré s’accroche à son moelleux fauteuil présidentiel, qu’il devra céder un jour ou l’autre.

Après deux septennats (1992-1998 et 1998-2005) suivis de deux quinquennats, Blaise Compaoré refuse de renoncer au pouvoir, malgré la Constitution qui, dans son article 37, interdit aujourd’hui plus de deux mandats présidentiels. Il défie ainsi les hommes intègres, au vu et au su de tous, notamment de la communauté internationale, plus précisément de la France, qui semble ne pas avoir le courage de rappeler à Compaoré qu’il doit respecter la Constitution d’abord, son peuple ensuite.