Burkina Faso : enfin le procès Sankara !

Thomas Sankara
Thomas Sankara

Journée historique au Burkina Faso, ce lundi 11 octobre 2021 ! Le procès sur la mort de Thomas Sankara s’ouvre enfin pour l’éclatement de la vérité sur les événements du jeudi 15 octobre 1987, qui ont coûté la vie au fringant capitaine, Président du Faso.

Tout le Burkina Faso, pour ne pas dire toute l’Afrique, attendait ce lundi, 11 octobre 2021, jour de l’ouverture du procès Thomas Sankara. Trente quatre ans après le drame qui, le jeudi 15 octobre 1987, s’est abattu sur le Burkina Faso, avec l’assassinat du PF (Président du Faso) avec 12 de ses proches collaborateurs. 14 des principaux accusés seront jugés par le tribunal militaire. Deux parmi eux le seront par contumace. Il s’agit de l’ancien Président et principal accusé, Blaise Compaoré, qui a trouvé refuge en Côte d’Ivoire, depuis qu’il a été chassé du pouvoir, en 2014.

Les avocats de Blaise Compaoré ont clairement indiqué jeudi dernier que ni lui ni eux n’allait se présenter à Ouagadougou pour le procès. Pour eux, il s’agit d’un « procès politique » qui sera conduit par une « juridiction d’exception ». L’autre grand absent est l’ancien adjudant-chef, Hyacinthe Kafando, qui aurait été à la tête du commando meurtrier, en 1987. Cet ex-chef de la sécurité de Blaise Compaoré aurait, sous les conseils et avec l’appui du colonel Yacouba Isaac Zida (ancien chef d’État et Premier ministre sous la transition), pris la fuite à l’ouverture du dossier, en 2015. Localisé en Côte d’Ivoire en 2016, il est resté introuvable depuis.

En revanche, le général Gilbert Diendéré, sera bel et bien présent, lui qui purge une peine de 20 ans de prison pour tentative de coup d’Etat en 2015. Contre lui pèse les mêmes chefs d’accusation que Blaise Compaoré, à savoir : « atteinte à la sûreté de l’État », « complicité d’assassinat » et « recel de cadavres ». À ses côtés, il y aura 11 autres accusés, tous des militaires bénéficiant jusque-là d’une liberté provisoire. Ils auront en face les proches des victimes dont Mariam Sankara, la veuve de Thomas Sankara. Des proches qui veulent enfin savoir ce qui s’est réellement passé, ce fameux jeudi 15 octobre 1987, dans les très sécurisés bâtiments du Conseil de l’entente.

Même si beaucoup regrettent la fuite de Blaise Compaoré, pour certains, l’absence du principal accusé ne saurait empêcher l’éclatement de la vérité. C’est le cas de Me Guy Hervé Kam, avocat de la partie civile, qui s’est confié à l’AFP : « L’annonce de l’absence de Blaise Compaoré à ce procès n’est pas étonnante quand on connaît l’histoire de ce pays, le rôle que le Président Compaoré a joué, on sait qu’à chaque fois, il n’a jamais rien assumé », a-t-il affirmé, avant de poursuivre : « Ce qui est rassurant, c’est qu’en l’étape actuelle du dossier, sa présence n’est pas nécessaire pour la manifestation de la vérité, car les éléments qui sont dans le dossier permettront, à coup sûr, à la fin du procès, de pouvoir situer la responsabilité individuelle et de l’ensemble des accusés ».

Le procès va se dérouler sous un haute surveillance militaire, en raison de la crise sécuritaire qui secoue le pays, depuis quelques années. Des gendarmes ont été déployés, ce matin, dans le périmètre du lieu où doivent se dérouler les audiences.

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