Burkina : déclarés inéligibles, les pro-Compaoré appellent à la désobeissance civile

Mercredi 26 août 2015, à son siège, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et des partis politiques de l’ex majorité ont animé une conférence de presse en réaction à la décision du Conseil constitutionnel déclarant inéligibles 42 candidatures pour les Législatives du 11 octobre 2015.

De notre correspondant à Ouagadougou

Lors d’une conférence de presse mercredi à son siège, par la voix de Achille Tapsoba, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et d’autres partis de l’ancienne majorité, a estimé que la décision du Conseil constitutionnel relative à l’inéligibilité de certains membres de l’ex-parti au pouvoir et des partis de l’ex-Front républicain « viole la loi parce qu’elle est rendue hors délai légale au regard de l’article 96 du Code électoral qui dispose que le Conseil constitutionnel doit se prononcer dans les 8 jours de sa saisine après la clôture des délais ».

En outre, l’ex-majorité évoque le « parjure » du président de transition Michel Kafando, lequel avait promis, à son sens, que le Burkina se conformerait à cette décision. L’immunité parlementaire est également invoquée pour contrer la déclaration d’inéligibilité des anciens députés. Autant de raisons qui motivent le parti de l’ex-majorité à qualifier le Conseil constitutionnel de « justice aux ordres ». Il estime qu’il s’est décrédibilisé et n’est pas apte à être le gardien de la Constitution .

Le CDP rejette donc cette décision et menace de boycotter les élections si ses candidats ne sont pas réintégrés au processus électoral. « Si nos membres exclus des élections ne sont pas réintégrés, nous n’allons à aucune élection. Nous n’avaliserons pas une opération de transmission du pouvoir maquillée en élections », a déclaré Achille Tapsoaba. Il appelle également ses militants à entrer en désobéissance civile. « Nous appelons nos militants, de même que tous les défenseurs de la démocratie, sur toute l’étendue du territoire à entreprendre toute action entrant dans le sens de la désobéissance civile », a déclaré Achille Tapsoaba.

Les responsables des partis politiques de l’ex-Front républicain et alliés estiment que cette décision porte en elle-même les germes de la division des fils d’un même pays et pire, les prédispose à l’affrontement. C’est pourquoi, ils disent tenir pour responsables le Conseil constitutionnel et les autorités de la Transition de toute situation qui pourrait en résulter. A en croire le groupe de l’appel du 9 avril, le Conseil constitutionnel a dit non à la décision de la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). « De la même manière, nous disons non à la décision du Conseil constitutionnel qui est anticonstitutionnelle et anti-juridique », a déclaré Achille Tapsoba.

Pour ce dernier, si les membres du groupe exclus des élections ne sont pas réintégrés, « nous n’allons à aucune élection », a-t-il conclu, avant que le président du CDP, Eddie Komboïgo, ne précise que le groupe n’incite pas ses militants à user de la violence.

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