Bénin, Cour Africaine des Droits de l’Homme : le ministre de la Communication apporte des précisions

Le Président du Bénin, Patrice Talon

Le présumé retrait du Bénin de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples a créé la polémique depuis hier, jeudi 23 avril. Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement béninois, Alain Orounla, a apporté des éclaircissements sur la question, dans une interview donnée sur une radio locale.

Le Bénin a fait sa déclaration de retrait du protocole de saisine de la Cour

Depuis plusieurs heures, la polémique enfle autour du retrait du Bénin de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des peuples. Le jeudi 23 avril, le gouvernement a annoncé le retrait par le Bénin de sa déclaration au protocole portant création de la cour. Alors que l’opinion publique se pose des questions sur le sujet, le ministre de la Communication Alain Orounla a tenu à clarifier la situation.

« Je confirme non pas que le Bénin se soit retiré de la Cour africaine des droits de l’Homme, mais plutôt a fait sa déclaration de retrait du protocole qui permet au citoyen béninois de saisir directement la Cour Africaine des Droits de l’Homme. Nous restons membres de cette Cour », a-t-il expliqué sur Frissons radio. Par cette décision, aucun citoyen béninois ne peut plus saisir directement la Cour.

Une décision motivée par des dérapages

Pour justifier la décision du gouvernement béninois de se retirer du protocole, le porte-parole du gouvernement évoque des « dérapages répétés constatés » de certains citoyens béninois. Cela justifierait ce que le ministre qualifie de  « trouble de l’ordre constitutionnel du Bénin » par la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des peuples.

La dernière affaire en date est celle de l’homme d’affaires et opposant au régime actuel, Sébastien Adjavon. À la suite de la requête du candidat malheureux aux dernières élections présidentielles, la CADHP qui a fait injonction à l’État béninois de suspendre l’organisation des élections communales du 17 mai 2020, à travers une ordonnance.

À la question de savoir si la décision du gouvernement béninois était motivée par cette ordonnance, le ministre de la Communication répond « ça n’a pas grand-chose à voir ». Pourtant, le porte-parole du gouvernement n’a pas manqué d’évoquer le cas de la Côte d’Ivoire et du jugement rendu en faveur de l’opposant Guillaume Soro pour la suspension du mandat d’arrêt émis contre l’ex-président de l’Assemblée nationale ivoirienne.

Selon le ministre Alain Orounla, le gouvernement béninois poursuivra ses efforts pour la protection des droits de l’Homme.