Belgique : excuses après un « retourne au Maroc » qui a fait polémique

En Belgique, le député libéral Luk Van Biesen, accusé d’avoir conseillé à une de ses collègues de retourner au Maroc lors d’un débat sur la fermeture d’une usine, a finalement présenté ses excuses en public.

Polémique en Belgique où le député libéral Luk Van Biesen est accusé d’avoir conseillé à une de ses collègues de retourner au Maroc lors d’un débat sur la fermeture d’une usine. L’incident s’est produit au moment où Meryame Kitir, 36 ans, ancienne syndicaliste et ouvrière de l’usine Ford de Genk, fermée en 2014, venait d’interroger à la tribune le Premier ministre, le libéral francophone Charles Michel, sur sa politique vis-à-vis des salariés de Caterpillar. Mme Kitir, née en Belgique de parents marocains, avait expliqué que Luk Van Biesen lui avait dit « Si vous n’êtes pas contente, retournez au Maroc ! » alors qu’elle rejoignait sa place.

Depuis une séance plénière de la Chambre des représentants, ce jeudi 15 septembre 2016, Luk Van Biesen, un député libéral flamand du parti Open VLD est accusé d’avoir lancé un « retourne au Maroc » à une collège parlementaire. Ce vendredi 16 septembre 2016, le journal francophone Le Soir, qui a titré « La phrase qui enflamme la Chambre », évoque une « minute infernale » lors du débat sur le sort des quelque 2 000 salariés bientôt licenciés de l’usine Caterpillar de Charleroi. Une manifestation est d’ailleurs organisée ce jour par les syndicats de salariés.

Ce vendredi, le député libéral flamand a publiquement présenté ses excuses pour avoir prononcé des « mots blessants et offensants ». « Je veux clairement dire que je suis désolé d’avoir prononcé les mots blessants et offensants « Retourne au Maroc » et d’avoir blessé Mme Kitir et la communauté marocaine », a déclaré à la presse Luk Van Biesen, 56 ans, dans l’enceinte du Parlement, aux côtés de la députée socialiste flamande Meryame Kitir, avec laquelle il venait d’avoir un entretien. Le député a ajouté : « Je veux dire clairement que ces mots ne font pas partie de mon vocabulaire. Je ne suis pas raciste, je ne l’ai jamais été, je le serai jamais demain. Le racisme n’a pas sa place dans cette assemblée, ni ailleurs ».

De son côté, Mme Kitir a dit être « contente qu’il y ait eu une discussion, que Luk ait accepté l’invitation d’avoir une discussion constructive. Je suis contente que le problème ait été reconnu. C’est un signal que le racisme n’a pas sa place, dans cette maison ni ailleurs. Je suis contente qu’il y ait pu y avoir un dialogue entre nous et que nous puissions désormais adresser un message ensemble contre le racisme ».