Barack Obama, premier noir sur le seuil de la Maison Blanche

Barack Obama est rentré dans l’histoire mardi en devenant le premier noir ayant une chance de gagner la présidentielle américaine. Hillary Clinton, sa rivale lors des primaires démocrates, ne s’avoue toujours pas vaincue mais n’exclut pas de devenir la vice-présidente de son tombeur.

Barack Obama est le premier noir à avoir ses chances de gagner la Maison Blanche. Après 54 primaires démocrates américaines éprouvantes, l’Américano-Kényan a remporté mardi l’investiture pour la présidentielle du 4 novembre. La nouvelle est tombée après les deux dernières consultations dans le Montana (Nord-Ouest), que le sénateur de l’Illinois a gagnée, et dans le Dakota du Sud (Nord), où sa rivale Hillary Clinton s’est imposée. Barack Obama n’a pas beaucoup brillé dans cette dernière ligne droite mais suffisamment pour obtenir une majorité de délégués simples. Et, depuis, il voit affluer le soutien de super-délégués, des cadres et personnalités démocrates dont le vote est primordial.

« La route sera longue. Je fais face à ce défi avec une grande humilité et en connaissant mes propres limites. Mais je fais aussi face à ce défi avec une foi sans limite dans les capacités du peuple américain », a expliqué Barack Obama. Rendant un fervent hommage à Hillary Clinton, il a ajouté : « La sénatrice Clinton a fait l’histoire dans cette campagne. (…) Notre parti et notre pays sont meilleurs grâce à elle, et je suis un meilleur candidat pour avoir eu l’honneur de faire campagne contre Hillary Rodham Clinton ».

La menace du racisme

L’investiture de Barack Obama reste officieuse. Le nom du candidat qui affrontera John McCain pour la présidentielle du 4 novembre sera officiellement dévoilé après la convention démocrate, qui se tiendra à Denver (Colorado) du 25 au 28 août. Mais il semble acquis que la victoire de Barack Obama soit confirmée. Hillary Clinton le sait. Et, même si elle refuse toujours de s’avouer vaincue, elle a confié à des parlementaires new-yorkais qu’elle n’était pas réfractaire à l’idée de devenir la vice-présidente de Barack Obama si cela pouvait permettre aux démocrates de remporter la présidence.

Une aide qui ne sera pas de trop. Car si Hillary Clinton s’est révélée coriace lors des primaires, Barack Obama devra compter avec un adversaire qui l’est bien plus : le racisme. Selon plusieurs experts, la couleur de peau du jeune métis sera un sérieux désavantage. Il pourrait notamment retenir les partisans de l’ancienne première dame de mettre un bulletin dans l’urne en faveur de Barack Obama le 4 novembre. Pour ces électeurs, savoir qu’Hillary Clinton n’est pas complètement hors-jeu pourrait donc être un facteur rassurant.