Au Gabon, tous les regards sont tournés vers la CENAP

C’est aujourd’hui que la Commission électorale nationale autonome et permanente, présidée par Réné Aboghé Ella, doit donner les résultats de la présidentielle de dimanche dernier. Cette institution a la lourde responsabilité de désigner, après l’examen cet après-midi des procès verbaux, le nom du successeur d’Omar Bongo Ondimba.

Notre correspondant au Gabon

Tous les Gabonais attendent la fin des délibérations de la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP). Elle tient sa réunion plénière cet après-midi à Libreville. Réné Aboghé Ella, président de la CENAP, devra se montrer à la hauteur de la tâche qui lui incombe en ce moment. L’avenir politique du Gabon, la paix sociale et l’unité de tous les Gabonais dépendent aujourd’hui de l’objectivité avec laquelle l’institution dont il a la charge traitera ce lourd dossier.

Les Gabonais espèrent que lui comme son équipe seront du côté de la vérité, et qu’il saura se souvenir de son serment, malgré les lourdes pressions qu’il doit subir actuellement de la part des QG des candidats autoproclamés vainqueurs, à savoir André Mba Obame, Ali Bongo Ondimba, et Pierre Mamboundou dont plusieurs centaines de partisans sont rassemblés devant la CENAP.

Au terme de la plénière dont les travaux devraient s’achever dans la soirée, le nom du nouveau chef de l’Etat sera connu. Et théoriquement, les résultats ne devraient pas être contestés, chaque candidat détenant les copies des procès verbaux de tous les bureaux de vote.

Les vaincus accepteront-ils les résultats?

Les vaincus, quelque soit leur bord politique, sont censés accepter la sanction des urnes. Une élection peut être gagnée certainement, mais on peut également perdre, telle est normalement la logique du bon démocrate. Cependant, nombre de Gabonais craignent que les perdants n’acceptent pas leur défaite, contestent la validité des résultats, et que des troubles éclatent dans le pays.

La forte mobilisation des électeurs lors de ce scrutin est un signe que la démocratie gabonaise avance, et un indicateur qui traduit la soif de Liberté des populations qui réclament le développement et de meilleures conditions de vie.

Le nouveau chef de l’Etat, quel qu’il soit, n’aura pas de délai de grâce. Il devra se mettre rapidement au travail, afin de satisfaire aux nombreuses préoccupations des populations. Il devra affronter entre autres les chantiers de la route, de l’emploi, de la formation, de la santé et du développement du monde rural.