Asmaa Rhlalou démissionne, une première dans l’histoire de Rabat


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Asmaa Rhlalou
Asmaa Rhlalou

Asmaa Rhlalou, la première femme maire de Rabat, a démissionné de son poste après une série de critiques et de tensions avec le conseil communal. Sa démission est une première dans l’histoire de la capitale marocaine.

Elue en septembre 2021, Asmaa Rhlalou a quitté ses fonctions de maire de Rabat, après moins de trente mois. Décision prise face à une «situation de blocage» au sein du conseil communal. Elle a invoqué l’intérêt des habitants pour justifier sa décision. Dès son entrée en fonction, Mme Rhlalou a été confrontée à des critiques, notamment pour avoir nommé son mari comme avocat de la municipalité.

Accumulation de griefs et critiques

Des changements controversés au règlement intérieur du conseil communal ont également alimenté les tensions. Les élus reprochaient à Mme Rhlalou une gouvernance «sans concertation» et des prises de décision «unilatérales». Ses relations avec le gouverneur de la région étaient également qualifiées d’«exécrables».

Le président du RNI et chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a tenté de désamorcer la crise en intervenant personnellement, mais sans parvenir à convaincre la maire de changer sa méthode. Une requête du ministère de l’Intérieur réclamant des explications sur une dépense de 10 millions de dirhams sans l’accord du conseil semble avoir précipité la décision de Mme Rhlalou.

La place de la femme au Maroc en question

Si la démission est actée, la succession de Mme Rhlalou sera assurée par un membre de la majorité. Mais pour l’heure, le nom du successeur de l’ancienne édile de la ville n’est pas connu. Un délai de quinze jours est toutefois nécessaire pour valider la démission, qui sera alors une première dans la ville. Première femme maire de Rabat, première démission, les questions sont légitimes.

Au Maroc, pays où, malgré les avancées notoires s’agissant de leurs droits, il reste encore du chemin dans la reconnaissance de la place de la femme dans une société ultraconservatrice. Il n’est pas exclu que la désormais ex-mairesse ait subi des pressions ayant rendu da gestion difficile voire impossible. Cette démission pourrait remettre en cause l’équilibre de la parité des maires dans les grandes villes du Maroc.

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Journaliste pluridisciplinaire, je suis passionné de l’information en lien avec l’Afrique. D’où mon attachement à Afrik.com, premier site panafricain d’information en ligne
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