Algérie : sursis au procès de la chaîne KBC

La justice algérienne a prononcé des peines d’un an et de six mois de prison avec sursis au procès de la chaîne privée KBC. Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé fermement ce jugement caricatural et outrageant.

Dénouement dans l’affaire de la chaîne KBC. En effet, ce lundi 18 juillet 2016, la justice algérienne a prononcé des peines d’un an et de six mois de prison avec sursis au procès de la chaîne privée KBC. Dans un communiqué, Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé fermement ce jugement caricatural et outrageant, ajoutant que ce type de litige aurait dû être traité en premier lieu par l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV), mise en place le 20 juin dernier, il ne devrait jamais mener à des peines d’emprisonnement, même avec sursis.

Alors que le tribunal correctionnel d’Alger a condamné une fonctionnaire du ministère de la Culture, Nouria Nédjaï, à un an avec sursis et le directeur de KBC, Mehdi Bénaïssa ainsi que le producteur d’une émission satirique diffusée par cette chaîne, Riad Hartouf, à six mois avec sursis, la défense a accusé le gouvernement d’avoir fabriqué le dossier d’accusation. Le parquet avait requis deux ans avec sursis contre les trois prévenus, placés en détention préventive le 24 juin 2016. Le tribunal a ordonné leur remise en liberté immédiate.

Mme Nédjaï était poursuivie pour abus de fonction et délivrance d’un document à un individu n’ayant pas droit et MM. Bénaïssa et Hartouf pour fausses déclarations pour l’obtention d’une autorisation. La justice a estimé que les conditions de réalisation de deux émissions satiriques à grand succès de KBC n’étaient pas conformes à une autorisation de tournage délivrée par le ministère de la Culture.

L’avocate Fetta Sadat, qui a dénoncé dans sa plaidoirie un acharnement judiciaire, notamment contre Mehdi Bénaïssa visé par trois procédures en quelques semaines, a indiqué que la défense va faire appel.